Deux voyageurs ont été interceptés cette semaine à l’aéroport international d’Alger alors qu’ils s’apprêtaient à quitter le territoire avec des montants en devises non conformes à la réglementation en vigueur. L’intervention a été menée par les services de la Police de l’air et des frontières (PAF), mobilisés dans le cadre du contrôle des flux financiers sortants.
La législation algérienne est claire : tout passager quittant le pays peut exporter un montant maximal équivalent à 7.500 euros, à condition que cette somme provienne d’un compte devises ouvert en Algérie et qu’elle soit accompagnée d’un avis de débit bancaire. En l’absence de ce document justificatif, la détention et l’exportation des devises deviennent irrégulières, exposant le voyageur à des sanctions pénales prévues par la réglementation des changes et des mouvements de capitaux.
Dans deux opérations distinctes, les agents ont contrôlé deux passagers en partance vers les Émirats arabes unis. Le montant total saisi lors de ces interventions s’élève à 7.100 euros. Selon les éléments rendus publics, les deux voyageurs ne disposaient pas des justificatifs bancaires exigés pour prouver l’origine légale des sommes transportées.
Le premier passager, en instance d’embarquement pour Dubaï, transportait 4.800 euros. Il a reconnu avoir déclaré 1.000 euros aux services douaniers, mais n’a pas été en mesure de présenter un document attestant la provenance des 3.800 euros restants. Le second voyageur, lui aussi en partance pour la même destination, détenait 2.300 euros. Il a affirmé avoir entrepris les démarches de déclaration, tout en indiquant ne pas avoir encore reçu le justificatif officiel requis.
Les deux hommes exercent, selon les informations communiquées lors de l’audience, une activité de micro-importation, communément appelée commerce du cabas. Ce type d’activité, qui consiste à acheter des marchandises à l’étranger pour les revendre sur le marché local, implique des déplacements fréquents et des flux financiers en devises, souvent scrutés de près par les autorités.
Présentés en comparution immédiate devant le tribunal de Dar El Beïda le 23 février, les deux prévenus ont dû répondre des faits liés à l’infraction à la législation sur les changes. Le procureur de la République a requis à leur encontre une peine de deux ans de prison ferme, assortie d’une amende équivalente au double des sommes concernées.
Au terme des débats, le tribunal a finalement opté pour une sanction pécuniaire. Les deux voyageurs ont été condamnés à une amende de 50.000 dinars algériens chacun. Les fonds saisis ont été confisqués, et une somme supplémentaire de 50.000 dinars a été mise à leur charge au profit du Trésor public à titre de dommages et intérêts.
Cette affaire rappelle la vigilance accrue exercée dans les aéroports algériens en matière de contrôle des devises. Les autorités insistent régulièrement sur la nécessité de respecter scrupuleusement les procédures de déclaration et de se munir des justificatifs bancaires appropriés. La réglementation vise à encadrer les sorties de capitaux et à lutter contre les circuits financiers informels.
Pour les voyageurs, notamment ceux impliqués dans des activités commerciales transfrontalières, la maîtrise des règles en matière de change s’impose comme une condition essentielle pour éviter saisies, amendes et poursuites judiciaires. Les contrôles, de plus en plus rigoureux, s’inscrivent dans une stratégie globale de surveillance des flux financiers et de protection de l’économie nationale.