Aéroport d’Alger : un passager « méconnaissant la monnaie » condamné

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Un incident à l’aéroport international d’Alger a récemment attiré l’attention des autorités et du public. Le 4 mars 2026, un voyageur algérien a été interpellé alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour un vol international, en possession d’une somme en devises qu’il n’avait pas déclarée. La situation a rapidement conduit à une comparution immédiate devant le tribunal de Dar El Beïda, mettant en lumière à la fois les obligations strictes en matière de déclaration de monnaie et les incompréhensions possibles liées au langage juridique.

Au cours de l’audience, il est apparu que l’accusé ne saisissait pas entièrement le sens des termes légaux utilisés pour qualifier son infraction. Il avait en effet cru que l’expression « monnaie » ne concernait que les petites pièces, et non les sommes importantes en devises, qui doivent pourtant être déclarées au-delà d’un certain seuil fixé par la réglementation douanière. La juge, surprise par cette méprise, a pris un moment pour expliquer la distinction et la portée réelle des obligations légales, ce qui a suscité un sourire amusé dans la salle.

Une fois cette clarification apportée, le voyageur a reconnu avoir effectivement dissimulé une partie de la somme, lors de son récent voyage au départ de l‘aéroport d’Alger, selon Ennahar. S’il avait déclaré officiellement 2.500 euros, il avait en réalité gardé non déclaré un montant supplémentaire de 8.000 euros, constituant ainsi une infraction aux règles sur le contrôle des changes. Selon le code douanier et la réglementation en vigueur, une telle violation peut entraîner une peine de prison allant de deux à sept ans, ainsi qu’une amende équivalente au double de la valeur saisie.

Le procureur de la République a initialement requis une peine de deux ans de prison ferme, assortie d’une amende doublant le montant de la somme non déclarée. Toutefois, le tribunal a opté pour une sanction moins sévère, condamnant le voyageur à une amende de 100.000 dinars algériens. Les 8.000 euros en devises ont été saisis conformément à la loi. Cette décision reflète une application stricte mais mesurée de la réglementation, tenant compte de la confusion du prévenu et de sa bonne foi partielle.

Les règles relatives à la déclaration de la monnaie sont claires et s’appliquent à tous les voyageurs, qu’ils soient résidents ou non-résidents. Pour tout montant dépassant 1.000 euros à l’entrée ou à la sortie du territoire national, la déclaration est obligatoire. À l’exportation, les ressortissants peuvent transporter jusqu’à 7.500 euros issus d’un compte devises ouvert en Algérie, à condition de présenter un avis de débit bancaire. Tout montant supérieur requiert l’autorisation de la Banque d’Algérie pour être légalement transporté.

Cet épisode illustre l’importance pour les voyageurs de se familiariser avec les règles douanières avant tout déplacement international. La méprise du voyageur sur le terme « monnaie » montre que même un détail de compréhension peut avoir des conséquences significatives. Le tribunal a ainsi pris soin d’expliquer la portée de l’infraction, en s’assurant que l’accusé comprenne parfaitement les obligations qu’il avait violées.

La situation s’est résolue sans recours à la peine de prison, mais elle rappelle à tous l’importance de la transparence et de la prudence lors de la déclaration de devises. La vigilance des voyageurs et la clarté des procédures douanières restent des éléments essentiels pour éviter de tels incidents, garantissant à la fois le respect de la loi et la sécurité des opérations de change.