À l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, un nouveau mot d’ordre vient bouleverser les habitudes de nombreux voyageurs, notamment les Algériens en partance pour l’Algérie. Une responsable au sein de l’aéroport parisien a confirmé à la rédaction de DNAlgérie qu’une consigne stricte a été récemment transmise aux agents d’enregistrement : chaque passager doit être traité en un temps record de trois minutes, sauf cas de force majeure. Cette instruction vise à optimiser le flux en période de forte affluence, mais soulève déjà des inquiétudes, notamment du côté des passagers algériens souvent confrontés à des réalités logistiques bien particulières.
En effet, la communauté algérienne voyageant depuis la France est connue pour emporter avec elle un volume de bagages conséquent. Qu’il s’agisse de denrées alimentaires, de vêtements, d’appareils électroménagers ou encore de cadeaux pour les proches restés au pays, chaque voyage ressemble à un déménagement. Cette pratique, profondément ancrée dans les habitudes, s’explique par la volonté d’emmener le maximum d’affaires en une seule fois, en profitant du moindre kilogramme autorisé par les compagnies aériennes. Or, cette configuration complique considérablement la rapidité des opérations au comptoir d’enregistrement.
Avec cette nouvelle contrainte de temps, les tensions risquent de monter. Trois minutes, c’est à peine le temps de présenter un passeport, d’enregistrer deux ou trois bagages et de répondre à quelques questions de routine. Pour des passagers accompagnés de plusieurs valises, sacs, voire colis emballés dans du film plastique, la manœuvre devient quasi impossible. D’autant plus que certaines compagnies desservant l’Algérie, comme Air Algérie ou ASL Airlines, connaissent régulièrement une forte demande, avec des files d’attente déjà longues, même en dehors des périodes de pointe.
Du côté des employés, l’application de cette règle impose également une pression supplémentaire. Gérer un afflux massif de passagers dans un laps de temps aussi réduit requiert une organisation millimétrée. Les agents au sol devront faire preuve d’une efficacité extrême tout en évitant les erreurs, comme les oublis de bagages enregistrés ou les erreurs de destination. Dans ce contexte, les voyageurs les moins préparés risquent d’en faire les frais : un bagage mal dimensionné, un document manquant, ou une hésitation sur le numéro de siège peut désormais suffire à désorganiser toute la chaîne.
L’objectif affiché par l’aéroport de Paris Roissy est clair : fluidifier au maximum la circulation dans les zones d’enregistrement, éviter les embouteillages aux heures de pointe, et mieux répartir les flux de passagers, y compris les Algériens, à travers les terminaux. Une démarche compréhensible au regard de la fréquentation toujours croissante de la plateforme parisienne, surtout durant les vacances scolaires ou les fêtes religieuses, périodes durant lesquelles les vols vers l’Algérie affichent souvent complet.
Lire également : La France offre entre 1704 et 2055 euros nets à des Algériens : délai, procédure…etc
Cependant, cette rationalisation du temps soulève une problématique d’adaptation. Les passagers algériens devront désormais repenser leur manière de voyager, anticiper davantage l’étape de l’enregistrement à l’aéroport de Roissy, peut-être même limiter le nombre de bagages pour ne pas se retrouver pris de court. Certains envisageront d’arriver encore plus tôt à l’aéroport, afin de compenser la rigidité de la procédure par un peu d’avance sur l’horaire. D’autres, plus habitués, trouveront des moyens d’optimiser leur passage, quitte à répartir les colis entre membres de la famille ou à privilégier les valises standards plutôt que les paquets encombrants.
Lire également : Aéroport de Paris Roissy : des Algériens se sont fait complètement berner
Pour le moment, aucune dérogation particulière n’est évoquée pour les passagers à destination du Maghreb. La consigne est générale, mais son impact sur certaines communautés est manifeste. Dans un climat où chaque minute compte, il est probable que cette « contrainte des 3 minutes » devienne un sujet récurrent de discussion entre voyageurs, agents et compagnies. Reste à savoir si, à l’épreuve du terrain, cette règle s’assouplira d’elle-même ou donnera lieu à de nouvelles mesures d’accompagnement pour les passagers les plus chargés.
Lire également : Retraite en France : encore une mauvaise nouvelle pour les Algériens
En attendant, ceux qui embarquent depuis Roissy vers Alger, Oran ou Constantine sont invités à faire preuve d’efficacité, de rapidité et, surtout, de patience. Car dans cette course contre la montre aéroportuaire, chaque seconde pèse désormais aussi lourd qu’une valise supplémentaire.