Air Algérie, crash du vol « AH1507 » : Swiftair condamnée à Paris

Air Algérie directives ONPO destination paradisiaque

Douze ans après le crash du vol AH5017, affrété par Air Algérie et exploité par la compagnie espagnole Swiftair, la justice française a rendu son jugement. Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu, ce lundi 28 septembre 2026, la responsabilité pénale de Swiftair dans cet accident qui avait coûté la vie à 116 personnes.

Le drame s’était produit le 24 juillet 2014. Le vol AH5017 devait relier Ouagadougou, au Burkina Faso, à Alger. Quelques dizaines de minutes après son départ, le McDonnell Douglas MD-83 exploité par Swiftair s’était écrasé dans le centre du Mali, alors que l’appareil traversait une zone touchée par des conditions météorologiques difficiles.

Aucun des occupants n’avait survécu. Le bilan faisait état de 110 passagers et de six membres d’équipage. Parmi les victimes figuraient notamment 54 ressortissants français et six Algériens.

Le jugement rendu à Paris intervient au terme d’une longue procédure judiciaire. Le tribunal correctionnel a déclaré Swiftair coupable d’« homicides involontaires par personne morale » et lui a infligé une amende de 225 000 euros.

La compagnie espagnole était poursuivie en tant qu’exploitant de l’appareil. Au cours de l’instruction, les juges avaient notamment examiné les conditions de préparation des équipages et leur capacité à faire face aux difficultés rencontrées pendant le vol. L’accusation portait en particulier sur l’insuffisance présumée de la formation et de l’entraînement dispensés aux membres de l’équipage.

Selon les éléments retenus par l’instruction, ces lacunes n’auraient pas permis aux pilotes de réagir de manière suffisamment adaptée aux événements survenus durant le vol et d’éviter l’accident. C’est sur cette base que Swiftair a finalement été renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris.

Le procès s’était ouvert le 9 mars 2026, près de douze ans après le crash. Cette audience constituait une nouvelle étape dans une affaire qui avait connu plusieurs rebondissements judiciaires en France comme en Espagne.

Les proches des victimes étaient notamment représentés par l’association « AH-5017 Ensemble », créée quelques semaines après l’accident. Constituée partie civile, elle a accompagné les familles durant les différentes étapes de la procédure et a continué à réclamer que les responsabilités soient établies.

Pour les familles, le jugement rendu à Paris met ainsi un terme à une longue période d’attente. L’affaire avait en effet déjà fait l’objet d’une procédure en Espagne, pays où est basée Swiftair. En 2016, la justice espagnole avait clôturé la procédure par un non-lieu provisoire, une décision qui avait suscité l’incompréhension de plusieurs proches des victimes.

La procédure française a toutefois permis de réexaminer les responsabilités éventuelles de la compagnie dans les conditions ayant entouré le vol AH5017. Le tribunal a finalement retenu la qualification d’homicides involontaires à l’encontre de Swiftair en tant que personne morale.

Le crash du AH5017 reste l’un des accidents les plus meurtriers impliquant un appareil exploité pour le compte d’Air Algérie. Le vol était assuré par Swiftair dans le cadre d’un affrètement, tandis que l’appareil effectuait la liaison entre la capitale burkinabè et Alger.

La question des responsabilités avait rapidement occupé une place centrale dans les investigations. Les conditions météorologiques, le fonctionnement de l’appareil et les réactions de l’équipage avaient notamment été examinés au cours des différentes enquêtes menées après l’accident.

La condamnation prononcée ce lundi ne met toutefois pas nécessairement un terme définitif à la procédure. Swiftair dispose de la possibilité de faire appel du jugement rendu par le tribunal correctionnel de Paris. La compagnie avait d’ailleurs contesté à plusieurs reprises la possibilité même de la juger en France.

Ses avocats avaient notamment soutenu que l’affaire avait déjà été examinée en Espagne et que le principe selon lequel une personne ne peut être jugée deux fois pour les mêmes faits devait empêcher la tenue d’un nouveau procès. Ces arguments avaient contribué à plusieurs reports de l’audience avant l’ouverture effective du procès en mars 2026.

Avec cette décision, les familles des 116 victimes disposent désormais d’un jugement pénal reconnaissant la culpabilité de l’exploitant espagnol. La suite de l’affaire dépendra notamment de l’éventuelle décision de Swiftair de contester cette condamnation devant la cour d’appel.