Alerte sur un médicament contrefait « mortel » en Algérie

médicament anti Cancer Algérie

Les autorités sanitaires algériennes viennent de lancer une alerte majeure concernant la circulation d’un médicament contrefait d’origine israélienne sur le territoire national, un produit dont la consommation pourrait entraîner la mort. La direction de la santé et de la population (DSP) de la wilaya de Bordj Bou Arréridj a diffusé cette alerte auprès des pharmaciens, des professionnels de santé, ainsi que de l’ensemble des établissements sanitaires de la région, soulignant la gravité de la situation. Le médicament en question, commercialisé sous le nom de Escodyne, est présenté comme un analgésique destiné à soulager les maux de tête, mais il s’agit en réalité d’un produit contrefait aux effets secondaires extrêmement dangereux. Selon les autorités, « sa consommation pourrait entraîner la mort dans cinq jours », rappelant l’urgence pour les professionnels et les citoyens de rester vigilants et de ne pas se procurer ce type de produit par des voies informelles.

Selon la DSP, ce médicament a été introduit en Algérie via la Jordanie et la Syrie, et non par des canaux officiels, ce qui indique l’existence de réseaux de contrebande exploitant des filières clandestines pour distribuer des produits pharmaceutiques dangereux. Cette alerte met en lumière la problématique croissante de la contrefaçon de médicaments à l’échelle internationale, un fléau qui met directement en danger la santé des populations. Les pharmaciens et professionnels de santé sont invités à renforcer leurs contrôles d’approvisionnement, à vérifier l’origine et l’authenticité de chaque lot, et à signaler immédiatement tout produit suspect aux autorités compétentes.

Pour encadrer et sécuriser l’importation et la commercialisation des médicaments, l’Algérie a renforcé ses réglementations. Le ministère de l’Industrie pharmaceutique a adopté le 12 octobre 2025 un arrêté fixant un cahier des charges détaillé pour l’importation de produits pharmaceutiques et de dispositifs médicaux destinés à la médecine humaine. Selon cet arrêté, chaque médicament importé doit obligatoirement être enregistré par l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), fabriqué sur un site autorisé et conforme aux bonnes pratiques de fabrication dans le pays d’origine, et accompagné des certificats d’analyse et de conformité requis. Ces mesures visent à assurer la traçabilité des médicaments, à prévenir la circulation de produits contrefaits et à garantir la sécurité des patients.

L’alerte de Bordj Bou Arréridj intervient dans un contexte où la vigilance des citoyens est particulièrement sollicitée. Les autorités recommandent de n’acquérir des médicaments qu’auprès de pharmacies autorisées, d’éviter les transactions via des sites internet douteux ou sur le marché noir, et de vérifier systématiquement l’existence des autorisations officielles avant toute consommation. La DSP insiste sur le fait que « les médicaments doivent être vérifiés avant toute mise sur le marché », un rappel essentiel face à la sophistication croissante des contrefaçons qui peuvent imiter parfaitement l’emballage et l’apparence des produits légitimes.

En outre, cette alerte souligne l’importance d’une coopération étroite entre les différents acteurs : autorités sanitaires, professionnels de santé, importateurs et consommateurs. Le renforcement des contrôles à l’importation, le suivi rigoureux des lots et la sensibilisation du public sont autant de mesures indispensables pour réduire les risques liés à la contrefaçon. La DSP de Bordj Bou Arréridj appelle également les citoyens à signaler tout médicament suspect et à consulter rapidement un professionnel de santé en cas de doute ou de symptômes inhabituels après l’utilisation d’un produit pharmaceutique.

Ce cas illustre de manière flagrante que la sécurité sanitaire repose autant sur la réglementation et le contrôle que sur la vigilance individuelle. Il met en évidence la nécessité de suivre scrupuleusement les normes internationales de fabrication et de distribution, de garantir la traçabilité des médicaments et de sensibiliser le public aux dangers des produits contrefaits. Enfin, il rappelle que la lutte contre les médicaments falsifiés est un enjeu majeur de santé publique, où chaque acteur – de l’État aux citoyens – a un rôle à jouer pour protéger la vie et la santé de tous.