Alger : le square Port-Saïd fermé

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La journée de ce mercredi 28 janvier 2026 restera particulière pour les habitués du square Port-Saïd, au cœur d’Alger. Ce lieu, devenu au fil des années un baromètre officieux du marché parallèle des devises en Algérie, n’a pas connu son animation quotidienne. Dès les premières heures de la matinée, l’espace est apparu inhabituellement calme, presque désert, contrastant fortement avec l’effervescence qui le caractérise habituellement.

Ce « silence » du square intervient dans un contexte économique sensible. Depuis quelques jours, l’euro a amorcé une nouvelle dynamique face au dinar algérien sur le marché informel, rompant avec plusieurs semaines de stabilité relative. En temps normal, une telle évolution attire davantage de cambistes, d’intermédiaires et de particuliers venus s’informer ou effectuer des transactions. Pourtant, aucune activité notable n’a été observée ce mercredi, rendant impossible toute évaluation fiable des cours du jour.

Cette situation exceptionnelle s’explique par les conditions météorologiques sévères annoncées pour la capitale et plusieurs autres régions du pays. Dans un Bulletin météo spécial diffusé mardi 27 janvier, l’Office national de météorologie a placé Alger en vigilance rouge, en raison de vents particulièrement violents attendus sur le littoral et les zones urbaines exposées. Les prévisions évoquaient des rafales soutenues oscillant entre 60 et 90 km/h, avec des pointes pouvant dépasser les 120 km/h sur certaines plages horaires, notamment entre l’après-midi et la soirée.

Face à ces risques, les autorités locales ont pris des mesures préventives strictes. La fermeture temporaire des parcs, jardins publics et espaces ouverts a été décidée afin de limiter les déplacements et d’éviter tout incident lié aux chutes d’arbres, d’objets ou de structures fragiles. Le square Port-Saïd, lieu de rassemblement informel mais constant, a naturellement été concerné par ces dispositions, ce qui a entraîné l’arrêt quasi total de l’activité sur place.

Pour les acteurs du marché parallèle, cette interruption n’est pas anodine. Les cotations observées à Port-Saïd servent souvent de référence informelle, bien au-delà d’Alger, et influencent indirectement les pratiques de change dans plusieurs wilayas. L’absence de transactions visibles prive ainsi de nombreux observateurs d’un indicateur quotidien essentiel, dans un moment où les fluctuations de l’euro suscitent un regain d’attention.

Au-delà de l’aspect économique, la fermeture du square met également en lumière la vulnérabilité de certaines activités informelles face aux aléas climatiques. Contrairement aux circuits officiels, ces espaces de rencontre reposent entièrement sur la présence physique des acteurs et sur des conditions extérieures favorables. Le moindre événement exceptionnel, qu’il soit sécuritaire ou météorologique, suffit à suspendre leur fonctionnement.

Reste désormais à savoir si cette situation sera limitée à une seule journée. La validité du Bulletin météo spécial s’étend jusqu’au jeudi 29 janvier à midi, laissant planer l’incertitude sur une reprise rapide de l’activité au square Port-Saïd. Si les rafales persistent, les cambistes pourraient prolonger leur retrait, retardant ainsi la publication de nouvelles références de change sur le marché informel.

En attendant un retour à la normale, le square Port-Saïd a offert une image rare : celle d’un lieu emblématique, habituellement animé du matin au soir, momentanément figé par la force des éléments. Un arrêt forcé qui rappelle que, même dans les espaces les plus dynamiques de la capitale, l’activité peut être suspendue du jour au lendemain.