La polémique autour du documentaire diffusé par France Télévisions sur les relations franco-algériennes a commencé avant même sa diffusion, en soirée du jeudi 22 janvier. L’agence Algérie Presse Service (APS) a publié, dès l’après-midi de jeudi 22 janvier, un article dénonçant le programme de Complément d’enquête intitulé « Rumeurs et coups tordus : la guerre secrète France-Algérie ». L’agence officielle a critiqué le reportage, qu’elle considère sensationnaliste et déséquilibré, estimant que l’émission ne relève pas d’une véritable enquête mais propose un récit reposant sur des accusations et des interprétations jugées contestables.
L’APS a pointé du doigt le choix du titre, qu’elle juge annonciateur d’un traitement orienté et polémique, et s’est inquiétée des conséquences potentielles sur les relations déjà fragiles entre l’Algérie et la France. Selon l’agence, certaines thèses relayées dans le programme s’apparenteraient à des positions extrémistes issues de l’extrême droite française, et la sélection des intervenants manquerait de crédibilité ou de neutralité. L’agence a également souligné que ce n’était pas la première fois que France Télévisions diffusait des contenus critiqués pour leur approche jugée partiale à l’égard de l’Algérie.
Dans son communiqué, l’APS a insisté sur la responsabilité des médias français dans la construction de l’opinion publique et sur le rôle clé des chaînes publiques dans le traitement équilibré des relations internationales. L’agence a estimé que ce type de traitement pourrait avoir un impact négatif sur la perception du pays et sur le climat diplomatique, en entretenant des tensions liées à des questions mémorielles, identitaires et politiques.
L’APS a également mis en garde contre l’effet de polarisation que pourrait provoquer le documentaire, soulignant que la diffusion d’un tel contenu sans distance critique pourrait renforcer des clichés et des incompréhensions mutuelles. L’agence a rappelé que la rigueur journalistique exigeait de séparer l’enquête factuelle de l’interprétation et de la narration polémique, et que tout manquement à cette exigence pouvait alimenter des tensions déjà sensibles.
Le documentaire a finalement été diffusé hier soir, suscitant de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et dans les médias, confirmant les inquiétudes exprimées par l’APS. La diffusion du programme a relancé le débat sur la représentation de l’Algérie dans les médias français et sur l’équilibre entre liberté d’expression et traitement responsable des relations internationales.
Cette affaire illustre l’importance du rôle des médias dans la perception mutuelle des pays et la manière dont des sujets sensibles, historiques et diplomatiques, sont présentés au public. La réaction anticipée de l’APS souligne que les critiques peuvent intervenir avant même que le public ait accès au contenu, témoignant de la vigilance de l’agence sur la manière dont l’Algérie est représentée à l’étranger.