Algérie : le prix d’un produit très convoité augmente de 200%

Ramadan 2025 Produits produit bizarres Algérie produit algérien Algérienne France

En Algérie, la fluctuation des prix des produits alimentaires a toujours été un sujet de préoccupation pour les consommateurs. Dernièrement, l’un des exemples les plus frappants d’une telle hausse est le prix des pommes. Ce fruit, qui était vendu à des prix relativement abordables en octobre, a vu son coût exploser en quelques mois, passant de 300 dinars à 900 dinars le kilogramme, soit une augmentation de 200 % entre octobre et mars. Un phénomène qui interroge sur les raisons de cette flambée des prix et sur les mesures à prendre pour éviter qu’elle ne devienne une tendance générale.

Mustapha Zebdi, président de l’Association de protection du consommateur et de son environnement (APOCE), a exprimé ses inquiétudes face à cette hausse drastique du prix des pommes en Algérie. Selon lui, bien que des mesures de régulation aient été mises en place pour contrôler l’inflation excessive des produits agricoles, comme les pommes, leur efficacité semble limitée. À la mi-octobre, lorsque des ventes directes de pommes à des prix raisonnables étaient proposées, la situation semblait sous contrôle. Les prix étaient abordables, autour de 300 dinars le kilogramme, ce qui a réjoui de nombreux consommateurs. Cependant, aujourd’hui, ces prix sont devenus inaccessibles pour une large partie de la population.

Zebdi a également souligné que cette hausse de prix était en grande partie due à l’absence de régulation efficace du marché en Algérie. Il a précisé : « Les mesures disciplinaires peuvent-elles réussir ? » et a ajouté que bien que les autorités aient tenté de lutter contre la hausse des prix, « ces actions semblent temporaires et n’apportent pas de solution durable ». Il estime que la régulation du marché ne doit pas reposer uniquement sur l’État et les autorités de contrôle, mais également sur les acteurs économiques eux-mêmes. Pour éviter que de telles hausses ne se répètent, il propose que des « mesures disciplinaires » soient mises en place pour contraindre les producteurs, les stockeurs et les commerçants à respecter des prix stables et raisonnables.

Dans cette perspective, Zebdi suggère qu’une « inondation du marché avec des produits à bas prix » serait une solution pour stabiliser le marché et empêcher la formation de monopoles. Il souligne que « lorsque le marché est inondé de produits, les acteurs du marché seraient contraints de baisser les prix et de garantir leur stabilité, de peur de voir leurs produits invendus ». Selon lui, cette approche permettrait de rétablir une concurrence saine, où les prix seraient fixés de manière plus transparente.

Lire également : Avion, perte des deux moteurs en plein-vol : la précision d’un pilote algérien

Un autre aspect que Mustapha Zebdi met en avant est l’importance de la protection du consommateur et de l’adoption de politiques efficaces pour lutter contre la spéculation. Il propose que, pour restaurer un équilibre sur le marché, des produits soient importés, ce qui augmenterait la concurrence. Il indique : « Cela pourrait être réalisé en augmentant les importations de fruits ou d’autres produits agricoles, avec des droits de douane augmentés, pour que ces produits soient vendus à bas prix, inondant ainsi le marché. » Cette mesure, associée à une régulation stricte, pourrait obliger les producteurs et commerçants à revoir leur politique de prix.

Lire également : Aéroport international d’Alger : « on n’a pas du tout ça à Roissy »

Les répercussions de cette hausse des prix ne sont pas à prendre à la légère. En effet, elle affecte directement le pouvoir d’achat des Algériens, notamment les ménages les plus modestes, qui se retrouvent dans l’incapacité d’acheter des produits de première nécessité. Cette situation a conduit certains consommateurs à réduire leur consommation de fruits, ce qui pourrait avoir des conséquences sur la santé publique à long terme.

Lire également : La France a pillé ceci en Algérie : la révélation glaçante de l’APS

Enfin, les mesures de régulation doivent être accompagnées de sanctions efficaces à l’encontre des commerçants et des intermédiaires qui abusent des hausses de prix. Zebdi rappelle qu’il est crucial de « veiller à ce que les acteurs du marché comprennent que leur succès est lié à la satisfaction du consommateur », soulignant que l’objectif principal reste la protection des citoyens. Pour lui, « la régulation du marché doit se faire non seulement par les autorités de contrôle et les citoyens, mais également par les acteurs économiques eux-mêmes, sans nuire aux intérêts des agriculteurs. » En somme, pour que les mesures prises par les autorités soient efficaces, elles doivent viser à instaurer une régulation équilibrée qui profite à la fois aux producteurs et aux consommateurs.