Algérie : l’euro repasse sous la barre des 280 dinars

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Depuis les premiers jours de l’année 2026, le marché parallèle des devises en Algérie donne des signaux clairs d’un changement de dynamique. L’euro, longtemps resté à des niveaux très élevés face au dinar algérien, enregistre une baisse progressive qui retient l’attention aussi bien des cambistes que des simples citoyens. Ce mardi 20 janvier, la monnaie européenne est passée sous la barre symbolique des 280 dinars, confirmant une tendance amorcée depuis la fin de l’année précédente.

Il y a encore quelques semaines, la situation était pourtant tout autre. À la fin du mois de novembre 2025, l’euro avait atteint un sommet historique sur le marché parallèle, frôlant les 292 dinars. Ce niveau record avait alimenté de nombreuses inquiétudes, notamment chez les importateurs informels, les voyageurs et les familles dépendantes des transferts depuis l’étranger. Cette flambée soudaine s’expliquait par plusieurs facteurs, dont une forte demande en devises et une période marquée par une grande incertitude économique.

La chute n’a cependant pas tardé. L’une des décisions les plus déterminantes prises par les autorités algériennes a été l’interdiction des importations collectives de véhicules d’occasion. Cette mesure a eu un effet immédiat sur le marché parallèle, en réduisant considérablement la demande en euros. De nombreux acteurs qui avaient l’habitude d’acheter de la devise pour financer ce type d’opérations ont disparu du circuit, entraînant mécaniquement une détente sur les prix.

Depuis cet épisode, l’euro évolue dans une zone plus basse, oscillant autour du seuil psychologique des 280 dinars. Ce mardi de janvier, il s’échangeait à environ 276 dinars à l’achat et 278 dinars à la vente. Une baisse modérée, mais significative, surtout lorsqu’on la compare aux niveaux atteints quelques semaines auparavant. La veille encore, l’euro se négociait autour de 279 dinars, preuve que les variations quotidiennes existent, mais restent désormais contenues.

Au Square Port-Saïd à Alger, principal baromètre du marché parallèle des devises, les cambistes parlent d’une relative accalmie. Les fluctuations sont toujours présentes, mais elles ne présentent plus le caractère brutal observé à la fin de l’année 2025. Selon plusieurs intervenants du marché, la demande est aujourd’hui plus prudente, et les acheteurs attendent souvent avant de se positionner, dans l’espoir de nouvelles baisses.

En parallèle de ce marché informel très suivi par la population, les cotations officielles de la Banque d’Algérie suivent une trajectoire bien différente. L’euro y reste relativement stable, loin des soubresauts du marché parallèle. Pour ce lundi 19 janvier, la monnaie européenne est cotée à 151,25 dinars, en très légère hausse par rapport à la séance précédente. Cette stabilité reflète la méthode de calcul officielle, moins sensible aux variations immédiates de l’offre et de la demande locales.

Le dollar américain connaît, lui aussi, une évolution modérée. Sur le marché officiel, il s’établit autour de 130 dinars, enregistrant une variation minime par rapport aux jours précédents. Sur le marché parallèle, sa trajectoire reste globalement alignée sur celle de l’euro, avec des ajustements progressifs plutôt que des mouvements brusques.

Cette baisse relative de l’euro n’est pas sans conséquences pour l’économie algérienne. Pour certains ménages, elle représente un léger soulagement, notamment pour ceux qui dépendent de l’achat de devises pour des dépenses liées aux voyages, aux soins à l’étranger ou à certaines importations. À l’inverse, pour les détenteurs d’euros, cette tendance peut être perçue comme une perte de valeur, incitant certains à différer leurs opérations de change.

Les experts estiment que cette phase de repli pourrait se poursuivre si la demande reste maîtrisée et si aucune nouvelle pression majeure ne s’exerce sur le marché des devises. Toutefois, la prudence reste de mise. Le marché parallèle algérien a montré par le passé sa capacité à réagir rapidement à la moindre annonce ou rumeur, qu’elle soit économique ou réglementaire.

En toile de fond, les autorités algériennes continuent de surveiller de près l’évolution des devises, conscientes de l’impact direct qu’elles ont sur les prix, les importations et le pouvoir d’achat. Si la stabilité observée depuis le début de l’année 2026 se confirme, elle pourrait contribuer à réduire certaines tensions économiques. Mais dans un contexte mondial incertain, marqué par des fluctuations monétaires et énergétiques, rien n’est encore définitivement acquis.

Pour l’heure, un constat s’impose : l’euro n’est plus à son sommet et le marché parallèle connaît une période de relative détente. Une situation suivie de très près par les Algériens, pour qui le taux de change reste bien plus qu’un simple chiffre, mais un indicateur clé de leur quotidien économique.