L’Algérie vient de se retrouver sous les feux de la scène touristique internationale grâce à la mise en avant de Djemila par le magazine Condé Nast Traveler dans sa sélection des « sept merveilles du monde à visiter en 2026 ». Ce choix place le pays aux côtés de destinations prestigieuses telles que Matera en Italie, le parc national de Banff au Canada et les îles Féroé au Danemark, soulignant l’intérêt croissant pour le patrimoine historique algérien. La cité romaine de Djemila, anciennement appelée Cuicul, se distingue par la qualité exceptionnelle de ses vestiges et sa situation unique au cœur de montagnes du Nord-Est du pays, à près de 900 mètres d’altitude.
Établie à la fin du premier siècle, la ville conserve aujourd’hui un ensemble remarquable de forums, basiliques et arches, disposés sur un relief naturel en terrasses. Cette configuration particulière, adaptée au terrain escarpé, confère à Djemila une identité visuelle et architecturale unique parmi les sites romains d’Afrique du Nord. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la cité est considérée comme l’un des ensembles antiques les mieux préservés du continent, offrant aux visiteurs un aperçu rare de la vie urbaine sous l’Empire romain. Les vestiges racontent non seulement l’histoire de Cuicul mais illustrent également l’ingéniosité des urbanistes et architectes de l’époque, capables de concilier esthétique, fonctionnalité et topographie difficile.
Située dans la wilaya de Sétif, à moins d’une heure de la ville elle-même et à quelque 350 kilomètres d’Alger, Djemila reste relativement isolée des grands flux touristiques. La proximité de Constantine, avec ses célèbres ponts suspendus, et les axes de communication de l’Est du pays permettent un accès pratique tout en préservant le site d’une fréquentation massive. Cette situation explique pourquoi le tourisme y reste encore limité, malgré l’intérêt culturel majeur du site. Selon le magazine, une part importante du patrimoine reste encore à découvrir : moins de 40 % des ruines auraient été explorées, laissant entrevoir un potentiel considérable pour les chercheurs et les amateurs d’histoire.
La valorisation de Djemila au niveau international reflète également l’intérêt pour l’Algérie comme destination culturelle. Alors que le tourisme moderne privilégie les expériences authentiques et l’immersion dans des lieux historiques, Djemila apparaît comme une alternative originale aux sites surfréquentés. Les visiteurs peuvent y explorer des vestiges conservés sur près de deux millénaires, tout en profitant d’une atmosphère préservée et d’un panorama naturel spectaculaire, entre vallées et sommets. Cette dimension immersive permet de relier passé et présent, tout en offrant une expérience unique aux voyageurs désireux de découvrir l’histoire romaine au cœur de l’Afrique du Nord.
Au-delà de l’intérêt touristique, la reconnaissance de Djemila représente une opportunité pour le développement culturel et économique local. La mise en avant internationale du site peut encourager des initiatives de préservation, de restauration et de valorisation du patrimoine, tout en stimulant les activités liées au tourisme culturel dans la région. En même temps, elle offre aux visiteurs un itinéraire atypique, loin des circuits classiques, où chaque ruine, chaque arène et chaque rue en terrasses raconte l’histoire d’une cité antique et de ses habitants.