Le Portugal ouvre une nouvelle possibilité de régularisation pour une catégorie bien précise de personnes en situation irrégulière. L’annonce a été rendue publique par Agência para a Integração, Migrações e Asilo (AIMA), l’organisme chargé des questions d’intégration, de migrations et d’asile dans le pays. Cette décision vise des ressortissants étrangers qui se trouvent aujourd’hui dans une situation administrative bloquée, malgré leur insertion professionnelle.
La mesure concerne exclusivement les personnes entrées au Portugal avec un titre de séjour étudiant. Beaucoup d’entre elles n’ont pas achevé leur parcours académique, ce qui a entraîné la perte ou la non-reconduction de leur statut initial. Pourtant, ces anciens étudiants travaillent actuellement de manière déclarée sur le territoire portugais, soit comme salariés, soit comme travailleurs indépendants.
Selon les précisions apportées par l’AIMA, les candidats à cette régularisation doivent remplir plusieurs conditions strictes. Première exigence : disposer d’un visa ou d’un titre de séjour étudiant encore valide au moment de la constitution du dossier. Ce point est central, car il marque la différence entre cette catégorie et d’autres profils en situation irrégulière.
Deuxième condition essentielle : prouver l’exercice d’une activité professionnelle déclarée au Portugal. Cela implique la présentation de documents fiscaux attestant du dépôt des déclarations d’impôt sur le revenu (IRS) et, le cas échéant, d’une inscription régulière auprès de la sécurité sociale. Les autorités veulent ainsi s’assurer que les demandeurs participent effectivement à l’économie nationale.
La procédure devra être engagée via le portail électronique officiel de l’immigration. Le dépôt en ligne permet aux candidats, qu’ils résident à Lisbonne, Porto ou dans d’autres régions du pays, de soumettre leur dossier sans déplacement préalable vers les services centraux. Les pièces exigées incluent notamment une copie du passeport, le numéro d’identification fiscale portugais, la preuve d’emploi (contrat de travail ou justificatif d’activité indépendante), ainsi qu’un document attestant du lieu de résidence.
Sur le plan juridique, cette démarche s’appuie sur la Loi n° 23/2007, plus connue comme le Code des étrangers portugais. Ce texte, en vigueur depuis avril 2007, autorise l’administration à examiner certaines demandes de séjour en dehors des circuits traditionnels de visa. Les autorités portugaises précisent toutefois que les frais habituels liés à la délivrance d’un titre de séjour resteront applicables, conformément à la grille tarifaire en vigueur en 2026.
Cette décision intervient dans un contexte de réforme du droit des étrangers au Portugal. Fin 2025, le mécanisme dit de « manifestation d’intérêt » a été progressivement supprimé. Ce dispositif permettait à des personnes déjà présentes sur le territoire de demander une régularisation après avoir trouvé un emploi. Sa disparition avait laissé un vide juridique pour plusieurs catégories de migrants, notamment ceux dont le statut étudiant avait évolué vers une activité professionnelle.
Avec cette nouvelle voie, les autorités portugaises cherchent à répondre à une réalité concrète : celle de personnes déjà intégrées dans le marché du travail, cotisant aux impôts et à la sécurité sociale, mais dont la situation administrative demeurait incertaine. L’AIMA indique que l’objectif est d’offrir une solution légale à ceux qui contribuent à l’économie nationale tout en respectant un cadre réglementaire strict.
Le Portugal, qui fait partie de l’espace Schengen, est depuis plusieurs années confronté à des défis liés à l’immigration et à la gestion des statuts administratifs. Cette mesure ciblée ne constitue pas une régularisation massive, mais un ajustement précis destiné à un profil spécifique : d’anciens étudiants devenus actifs sur le plan professionnel.
Reste à savoir combien de personnes pourront effectivement bénéficier de ce dispositif. Tout dépendra de leur capacité à réunir les justificatifs exigés et à démontrer la continuité de leur insertion économique. Pour les concernés, cette ouverture représente néanmoins une opportunité concrète de stabiliser leur situation et d’envisager l’avenir avec davantage de sécurité juridique.