Algérie actualité – Des sommes astronomiques, se chiffrant à plusieurs centaines de milliards de dollars, ont été détournées vers l’étranger sous le règne de l’ex-chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika.

En effet, les sommes détournées vers l’étranger sous le régime d’Abdelaziz Bouteflika s’élèveraient à 600 milliards de dollars. C’est l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC), citée par le quotidien El-Watan, qui a donné ce chiffre. S’il s’avère exact, ce montant représenterait donc l’équivalent d’environ 60% de la rente pétrolière de l’Algérie des 20 dernières années.

Toujours selon le quotidien El-Watan, les anciens responsables auraient entreposé ces sommes dans plusieurs pays étrangers, notamment en France. Plusieurs anciens responsables, dont des ministres de Bouteflika, auraient entreposé ces sommes dans des comptes bancaires, mais pas seulement. Ils auraient également acquis plusieurs biens immobiliers à l’étranger avec cet argent, indique le même média.

Argent détourné sous Bouteflika : les autorités peuvent-elles le récupérer ?

Notons que la récupération de l’argent détourné sous le régime de Bouteflika a été l’un des principaux axes de la dernière campagne présidentielle algérienne. L’actuel chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, avait annoncé à plusieurs reprises son intention de rapatrier les sommes colossales se trouvant à l’étranger. Mais dans les faits, cette tache sera-t-elle aussi facile ?.

En effet, les autorités algériennes ne pourront probablement pas rapatrier cet argent avant la fin du mandat de l’actuel chef de l’État. Cette opération peut donc prendre une dizaine d’années, au minimum, au vu des procédures lentes et complexes qu’elle nécessite. En revanche, une demande pour geler les avoirs des responsables de l’ancien régime pourrait facilement aboutir. Les lois internationales obligent en effet les pays où se trouve cet argent à coopérer en cas de demande des autorités algériennes.

Toutefois, les autorités algériennes n’ont pas encore formulé de demande dans ce sens. Si elle dure encore longtemps, cette situation pourrait laisser le temps aux concernés d’éviter un gel de leurs avoirs. Ils peuvent notamment mettre en vente les biens qu’ils ont acquis avec l’argent détourné, ou transférer les sommes vers des pays non signataires des conventions internationales de lutte contre la corruption.

Lire également : Procès d’Ali Haddad : Amar Ghoul enfonce Bouteflika