L’Aéroport d’Alger Houari-Boumédiène s’apprête à engager une nouvelle étape dans la modernisation de ses infrastructures, avec un projet ciblé mais stratégique : le renouvellement du système de traitement des bagages au niveau du Terminal 1. Derrière cette annonce se cache un enjeu majeur pour la fluidité du trafic aérien, la sécurité des opérations et la qualité de service offerte aux voyageurs.
C’est la Société de gestion des services et des infrastructures de l’aéroport d’Alger (SGSIA) qui porte cette initiative. Le 19 février, elle a publié un nouvel appel d’offres pour sélectionner une entreprise spécialisée capable de concevoir, fournir et installer un système répondant aux standards internationaux. Cette relance intervient après un premier appel déclaré infructueux, ce qui signifie qu’aucune des offres précédemment soumises n’a satisfait aux exigences techniques, administratives ou financières fixées par le gestionnaire de l’aéroport.
Le traitement des bagages constitue un maillon essentiel dans la chaîne aéroportuaire, y compris à l’aéroport international d’Alger. Il ne s’agit pas simplement de transporter des valises d’un point à un autre, mais d’assurer un tri rapide, sécurisé et fiable, synchronisé avec les horaires des vols et les procédures de sûreté. Un système performant permet de réduire les délais d’attente, de limiter les erreurs d’acheminement et de renforcer la confiance des passagers. À l’inverse, la moindre défaillance peut entraîner retards, réclamations et perturbations logistiques en cascade.
Consciente de ces enjeux, la SGSIA a établi un cahier des charges particulièrement exigeant. Les entreprises candidates doivent prouver qu’elles disposent de matériels conformes aux normes internationales en vigueur dans le domaine des systèmes automatisés de traitement des bagages. Elles doivent également justifier d’une expérience avérée, en démontrant avoir réalisé au moins un projet similaire, attesté par un document de bonne exécution. L’objectif est clair : éviter toute approximation et garantir un niveau de compétence technique élevé.
Les exigences ne se limitent pas à l’expérience passée. Sur le plan des ressources humaines, la société retenue devra compter dans son équipe au minimum un ingénieur d’État ou un ingénieur principal en génie électrique ou industriel, avec au moins trois années d’expérience. À cela s’ajoute l’obligation de disposer d’un ingénieur de maintenance ou d’un technicien supérieur spécialisé dans la maintenance des systèmes de traitement de bagages. Cette double compétence – installation et maintenance – vise à assurer non seulement la mise en place du système, mais aussi son suivi et sa durabilité.
Le volet financier est tout aussi déterminant. Les entreprises intéressées doivent afficher un chiffre d’affaires moyen supérieur à 65 millions de dinars sur la période allant de 2020 à 2024. Ce seuil constitue un filtre destiné à garantir la solidité financière des candidats et leur capacité à mener à bien un projet d’envergure sans risque d’interruption. En complément, une garantie de bonne exécution devra être fournie, renforçant les engagements contractuels et sécurisant la réalisation du chantier.
La relance de l’appel d’offres témoigne de la volonté de la SGSIA de ne pas précipiter le choix du prestataire. Le premier échec n’a pas freiné le projet, mais a plutôt conduit à une réévaluation et à une confirmation des exigences. Dans un contexte où le trafic aérien évolue et où les standards internationaux deviennent de plus en plus stricts, moderniser les systèmes internes apparaît comme une nécessité.
Au-delà de l’aspect purement technique, ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large d’amélioration de l’expérience passager. Un traitement des bagages efficace réduit le stress lié aux voyages, limite les incidents et améliore l’image globale de l’aéroport. Pour la principale porte d’entrée aérienne du pays, il s’agit d’un levier important afin de rester compétitive et alignée sur les pratiques des grandes plateformes internationales.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour connaître l’identité de l’entreprise retenue. Si le processus aboutit, le Terminal 1 pourrait bénéficier d’un dispositif modernisé, plus rapide et plus fiable, marquant ainsi une nouvelle avancée dans la transformation progressive des infrastructures de l’aéroport d’Alger.