Un ressortissant algérien se retrouve derrière les barreaux au Canada après un enchaînement de faits qui a débuté le 30 mars 2024. Ce jour‑là, il récupère ses deux enfants âgés de 5 et 7 ans auprès de leur mère, son ex‑conjointe installée à Trois‑Rivières, au Québec. L’accord conclu entre les deux parents prévoyait que le père garde les enfants pendant deux jours seulement. Pourtant, au lieu de les ramener à leur mère au terme de cette période, il décide au troisième jour de monter avec eux dans un avion en direction de l’Algérie, sans l’autorisation maternelle. Cette information a été rapportée par Le Journal de Montréal, qui précise que le voyage s’est déroulé sans que la mère en soit informée.
Une fois arrivé en Algérie, le père laisse les deux enfants auprès de leur famille dans le pays. Lui, en revanche, retourne seul au Canada. À son retour, il est immédiatement confronté à la justice canadienne, qui le condamne pour enlèvement. La situation se complique davantage lorsque les autorités judiciaires exigent le retour des enfants sur le sol canadien. Le père refuse catégoriquement de les faire revenir, ce qui alimente un bras de fer judiciaire entre lui et les institutions canadiennes.
Son avocat affirme que les deux enfants, détenteurs de la double nationalité algéro‑canadienne, se trouvent en Algérie « auprès de leur famille » et qu’ils « se portent aussi bien qu’ils se portaient à Trois‑Rivières ». Cette déclaration vise à souligner que leur séjour en Algérie ne mettrait pas leur bien‑être en danger. Cependant, la justice canadienne considère que leur présence hors du pays constitue une violation grave des décisions parentales et des obligations légales.
Le procureur, de son côté, souhaite qu’un juge contraigne le père à signer un formulaire permettant le retour des enfants au Canada. Ce document serait indispensable pour enclencher les démarches administratives nécessaires à leur rapatriement. Le père refuse toujours de s’y soumettre. Selon son avocat, si son client n’était pas incarcéré, les enfants seraient déjà revenus au Canada, laissant entendre que la détention complique les échanges et les procédures.
La mère, quant à elle, se trouve actuellement hors du territoire canadien. Elle n’a pas pu assister au procès, mais a fait savoir qu’elle reviendrait dès que ses enfants seraient de retour. Elle explique que c’est précisément leur absence qui l’a poussée à quitter le pays temporairement. Son retour dépend donc entièrement de la résolution de cette affaire, qui prend une dimension émotionnelle et familiale particulièrement forte.
Un débat judiciaire est prévu le 9 février prochain. Cette audience devrait permettre d’examiner plus en profondeur les responsabilités du père, les droits de la mère et les mesures à prendre pour garantir le retour des enfants. L’avocat du mis en cause a demandé la remise en liberté de son client, estimant que sa détention n’aide en rien à résoudre la situation. Le juge a toutefois décidé de maintenir l’homme en détention, considérant probablement la gravité des faits et le risque de non‑coopération.