Depuis le début de l’année 2026, de nombreux Algériens établis à l’étranger suivent avec attention les nouvelles dispositions liées au Certificat de Changement de Résidence, communément appelé CCR. Ce dispositif, bien connu de la diaspora, représente une opportunité unique puisqu’il permet, une seule fois dans une vie, de rapatrier ses biens personnels vers l’Algérie sans s’acquitter des droits et taxes douaniers. Parmi ces avantages figure la possibilité d’importer un véhicule, un point qui suscite aujourd’hui beaucoup de questions, notamment depuis l’entrée en vigueur de la loi de finances 2026.
Jusqu’à récemment, les règles étaient strictes et laissaient peu de marge de manœuvre. Seuls les véhicules neufs pouvaient être importés dans le cadre du CCR, ce qui excluait de fait une grande partie des Algériens de l’étranger aux revenus modestes. Avec la nouvelle loi de finances, l’État algérien a introduit une mesure d’assouplissement notable en autorisant désormais l’importation de véhicules d’occasion, à condition qu’ils aient moins de cinq ans. Cette évolution a été accueillie favorablement par la communauté algérienne à l’étranger, notamment en Europe, où le marché de l’occasion est vaste et souvent plus accessible financièrement.
Cependant, cette ouverture s’accompagne de règles précises qu’il est impératif de respecter. L’un des points les plus sensibles concerne le calcul de l’âge du véhicule. Beaucoup de personnes pensaient, à tort, que l’âge pris en compte était celui au moment de l’achat ou du départ du véhicule depuis le pays de résidence. Or, la réalité administrative est tout autre et peut réserver de mauvaises surprises à ceux qui n’y prêtent pas attention.
Dans un communiqué récent, le consulat d’Algérie à Nantes a tenu à lever toute ambiguïté sur ce sujet. Il y est clairement indiqué que le critère déterminant est l’âge du véhicule à la date de son introduction effective sur le territoire national. Autrement dit, peu importe que la voiture ait été achetée ou expédiée alors qu’elle n’avait pas encore atteint cinq ans. Si, au moment de son arrivée en Algérie, elle dépasse ce seuil, même d’une seule journée, l’importation dans le cadre du CCR est automatiquement refusée.
Ce détail, en apparence technique, peut avoir des conséquences importantes. Entre les démarches administratives, la recherche d’un transporteur, les délais d’embarquement et les formalités portuaires, plusieurs semaines peuvent s’écouler. Un véhicule proche de la limite des cinq ans représente donc un risque réel. De nombreux dossiers peuvent ainsi être rejetés non pas pour une erreur majeure, mais pour un simple dépassement de délai. Les autorités consulaires appellent donc à la vigilance et recommandent d’anticiper largement afin d’éviter toute déconvenue.
Un autre point essentiel concerne le type de motorisation autorisé. Là aussi, les nouvelles règles ont mis fin à certaines interprétations erronées. La loi de finances 2026 exclut formellement les véhicules diesel, qu’ils soient neufs ou d’occasion, du dispositif CCR. Cette interdiction s’inscrit dans une logique environnementale et énergétique clairement assumée par les pouvoirs publics algériens. Les membres de la diaspora souhaitant bénéficier du CCR doivent donc impérativement se tourner vers des véhicules à essence, électriques ou hybrides essence-électrique.
Cette précision est d’autant plus importante que le diesel reste très répandu sur le marché automobile européen, notamment en France. Un mauvais choix de véhicule peut ainsi entraîner une perte financière significative, le véhicule ne pouvant tout simplement pas être dédouané en Algérie sous le régime du changement de résidence.