Actualité politique – Aucun avancement n’a été constaté concernant la question de la colonisation et le dossier de mémoire en Algérie et Abdelmadjid Chikhi, qui a été désigné par le chef de l’État en juillet dernier pour effectuer ce travail, n’a pour le moment remis aucun rapport à la présidence de la République.

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L’historien français Benjamin Stora a remis, le 20 janvier dernier, son rapport sur la question mémorielle à l’Élysée. Dans ce document de 160 pages, M. Stora a émis plusieurs recommandations allant dans le sens de la « réconciliation des mémoires » entre l’Algérie et la France. Trois semaine plus tard, le rapport de l’historien français suscite toujours la polémique des deux côtés de la Méditerranée.

En effet, plusieurs parties ont vivement critiqué le contenu du rapport remis à l’Élysée il y a trois semaines. En Algérie, on reproche notamment à Benjamin Stora d’avoir « ignoré » les questions essentielles en rapport avec ce dossier, parmi lesquelles celle des excuses officielles pour les 132 ans de colonisation de la France dans ce pays. D’ailleurs, la présidence française avait écarté cette possibilité dans un communiqué rendu public juste après la remise du rapport Stora. L’Élysée a ainsi déclaré privilégier des « actes symboliques » en lieu et place des excuses officielles que réclame l’Algérie depuis plusieurs années.

En France, le travail de l’historien n’a également pas été mieux accueilli. Le Comité national de liaison des Harkis (CNLH) a ainsi reproché à Benjamin Stora sa proposition de laisser cette catégorie de personnes et leurs enfants circuler librement entre l’Algérie et la France. « C’est de la poudre aux yeux », avait déclaré Mohamed Badi, porte-parole du CNLH, ajoutant que « ce qui compte vraiment c’est que la France reconnaisse définitivement le mal qu’elle a fait. En cachant cette partie de l’Histoire, elle fausse l’Histoire ».

Travail sur le dossier de mémoire en Algérie : où en est Abdelmadjid Chikhi ?

Par ailleurs, il est à noter qu’Abdelmadjid Chikhi, qui a été chargé d’effectuer le travail sur le dossier de mémoire en Algérie, n’a encore remis aucun rapport dans ce sens à la présidence de la République. Le conseiller à la présidence chargé des archives national s’est d’ailleurs refusé à tout commentaire sur la question. « Je n’ai rien à vous dire. Il n’y a aucune commission », a dit M. Chikhi dans une déclaration au journal francophone Liberté.

Il y a quelques semaines, Abdelmadjid Chikhi avait également déclaré qu’il n’avait pas rencontré Benjamin Stora dans le cadre du travail sur la mémoire commune entre l’Algérie et la France. « Nous n’avons discuté que deux fois au téléphone », avait-il dit. « Rien ne se fera maintenant que nos officiels ont pu consulter, comme tout le monde, le rapport Stora. », a déclaré, de son côté, une source citée par le même quotidien francophone sus-mentionné.

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