Depuis le 1er janvier 2026, un nouvel examen civique est obligatoire pour toute personne souhaitant obtenir la nationalité française, y compris les ressortissants algériens. Cette mesure a été instaurée par le ministère français de l’Intérieur dans le cadre d’une réforme visant à renforcer la connaissance des valeurs et du fonctionnement de la République française avant l’octroi de la nationalité. L’objectif est de s’assurer que les candidats maîtrisent non seulement les principes fondamentaux de la laïcité, mais aussi les droits et devoirs liés à la citoyenneté française.
L’examen se passe exclusivement sur ordinateur, dans des centres agréés par le ministère de l’Intérieur. La liste des centres habilités est disponible sur le site officiel CCI Paris IDF – Centres agréés. La procédure commence par une inscription en ligne, suivie d’un paiement obligatoire compris entre 70 et 80 euros. Ce paiement peut être effectué par virement ou directement sur place lors de la validation finale de l’inscription.
Le jour de l’examen, les candidats se présentent au centre pour passer une épreuve de 40 questions sous forme de QCM. Ils auront au total 45 minutes, à répartir à leur guise sur la série de questions posées. Sur ces 40 questions, 28 sont directement issues des fiches officielles mises à disposition par le ministère de l’Intérieur, portant sur l’histoire, les institutions, la vie quotidienne et les symboles de la République. Les 12 questions restantes sont des cas pratiques qui testent le raisonnement des candidats sur des situations concrètes, notamment la laïcité dans l’espace public, la vie en société, les obligations légales et les comportements citoyens à adopter dans la vie quotidienne. Ces cas pratiques ne nécessitent pas un apprentissage par cœur, mais demandent de comprendre les principes fondamentaux de la vie civique en France.
Un point important à connaître : l’attestation de réussite obtenue après l’examen n’a aucune durée de validité. Elle est donc valide à vie et pourra être présentée à la préfecture ou aux autorités compétentes à tout moment. En cas d’échec, il est possible de repasser l’examen autant de fois que nécessaire, sans limite, jusqu’à l’obtention du score requis.
Imene, cadre algérienne vivant en région parisienne, a témoigné pour DNAlgérie : « J’ai hésité avant de le passer, puis j’ai consulté une avocate qui m’a confirmé que même les Algériens étaient obligés de passer cet examen dans le cadre d’une demande de naturalisation, malgré les accords bilatéraux France-Algérie, et ce, même si la demande avait été déposée avant le 1er janvier 2026, tant qu’aucune décision n’était encore prise. »
Dans son cas précis, Imene a déposé sa demande de naturalisation en 2025. Après avoir obtenu son attestation de réussite avec 39 bonnes réponses sur 40, elle attend désormais que la préfecture lui demande un complément de dossier pour leur transmettre cette attestation. La note minimale pour réussir est de 32, donc une préparation sérieuse permet de franchir cette étape sans difficulté. « C’est très facile pour une personne qui se prépare bien. J’ai pu finir en 19 minutes, soit bien avant les 45 minutes.», signale la jeune fille.
Il est important de rappeler que cet examen ne concerne pas tous les ressortissants étrangers. Les Algériens sollicitant un titre de séjour d’un an ou disposant d’une carte de 10 ans n’ont pas à le passer. L’épreuve reste obligatoire uniquement pour ceux qui entament une procédure de naturalisation.
En pratique, le ministère insiste sur la préparation des candidats via les supports officiels et sur la tenue de l’examen dans des conditions sécurisées et encadrées. L’instauration de cet examen permet de mieux intégrer les nouveaux citoyens et de s’assurer qu’ils connaissent les fondements de la République française avant de devenir pleinement Français.
Cette réforme, qui marque un tournant dans le processus de naturalisation, répond également à une volonté du gouvernement de clarifier et d’uniformiser les connaissances exigées pour tous les candidats à la citoyenneté.