Des véhicules neufs vendus à 140 millions en Algérie

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À l’aube de l’année 2026, le marché des véhicules en Algérie, longtemps marqué par la rareté, les spéculations et la flambée des prix, vient de recevoir un signal pour le moins inattendu. Le complexe industriel Tirsam a profité du passage à la nouvelle année pour lever le voile sur une nouvelle grille tarifaire concernant ses mini-camions « Harbin », assemblés localement. Une annonce qui n’est pas passée inaperçue, tant les montants affichés tranchent avec les standards actuels du marché.

Dans un contexte où l’acquisition d’un véhicule neuf est devenue, pour beaucoup de professionnels, un véritable parcours du combattant, Tirsam propose désormais des utilitaires légers à partir de 140 millions de centimes. Un chiffre qui, il y a encore quelques années, aurait semblé banal, mais qui prend aujourd’hui une tout autre dimension au regard de la conjoncture. L’information a été officialisée via la page Facebook du constructeur, accompagnée d’un message volontairement optimiste laissant entendre que cette initiative ne serait qu’un début.

Concrètement, deux versions sont concernées par cette nouvelle offre. Le modèle « Harbin » en version simple cabine est affiché à 1 400 000 dinars algériens toutes taxes comprises, tandis que la version double cabine atteint 1 800 000 dinars. Ces véhicules sont dotés d’une motorisation de 1,3 litre, un choix qui semble répondre à une logique claire : proposer un compromis entre consommation maîtrisée, coût de production réduit et prix de vente plus accessible.

Ce repositionnement tarifaire contraste fortement avec les précédentes offres du constructeur. En novembre dernier, lors de la livraison du premier lot de camions sortis de l’usine de Kechida, dans la wilaya de Batna, les prix étaient nettement plus élevés. Les modèles équipés d’un moteur 1,5 litre étaient alors proposés à 185 millions de centimes pour la cabine simple et 225 millions pour la double cabine. L’écart est significatif et traduit une volonté manifeste d’élargir la clientèle potentielle.

Derrière ces chiffres se dessine une stratégie industrielle plus globale. En misant sur une motorisation légèrement moins puissante mais suffisante pour un usage professionnel urbain ou périurbain, Tirsam cherche à répondre aux besoins des artisans, commerçants et petites entreprises, souvent exclus du marché du neuf en raison de prix prohibitifs. Le mini-camion « Harbin » se positionne ainsi comme un outil de travail avant tout, pensé pour la fonctionnalité et la rentabilité plutôt que pour le superflu.

Cette annonce intervient également à un moment symbolique. Le Nouvel An est traditionnellement propice aux bilans et aux projections, et Tirsam semble vouloir inscrire son image dans celle d’un acteur industriel confiant, tourné vers l’avenir et capable de proposer des solutions locales face à une dépendance longtemps excessive aux importations. Le fait que ces véhicules soient assemblés en Algérie renforce d’ailleurs ce discours, en mettant en avant la production nationale et le savoir-faire industriel local.

Reste à voir comment le marché réagira concrètement à cette offre. Si les prix annoncés suscitent déjà l’intérêt, les attentes porteront aussi sur la disponibilité réelle des véhicules, la régularité des livraisons et la qualité du service après-vente. Dans un environnement où la méfiance des consommateurs est souvent alimentée par des annonces sans suite, Tirsam joue une carte importante.

En proposant des véhicules neufs à partir de 140 millions de centimes, le constructeur algérien ne se contente pas d’ajuster des tarifs. Il envoie un message clair : malgré les contraintes économiques et industrielles, il est encore possible de rendre le véhicule utilitaire neuf accessible en Algérie. Une promesse qui, si elle se confirme sur le terrain, pourrait bien redessiner les équilibres du segment de l’utilitaire léger en 2026.