Devises, aéroport d’Alger : un entraineur étranger condamné

Aéroport Alger euro

L’affaire a fait grand bruit ces derniers jours en Algérie. Quelques heures seulement après avoir officiellement quitté son poste d’entraîneur du MC Alger, Rhulani Mokwena s’est retrouvé au cœur d’une procédure judiciaire inattendue à l’Aéroport d’Alger – Houari Boumédiène. Une sortie de scène pour le moins mouvementée pour le technicien sud-africain, qui venait tout juste de tourner la page de son expérience en Algérie.

Après près de dix mois passés à la tête du club algérois, ponctués notamment par une victoire en Supercoupe d’Algérie, l’entraîneur avait décidé de mettre fin à son aventure. Son départ, officialisé quelques jours plus tôt, semblait marquer une transition classique vers un nouveau projet à l’étranger. Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu au moment de quitter le territoire.

Le 15 mars, alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour un vol international, Rhulani Mokwena a été soumis à un contrôle de routine par les services des douanes à l’aéroport. Lors de la fouille de ses bagages, les agents ont découvert une somme de 14 200 euros en devises, qui n’avait pas été déclarée conformément à la réglementation en vigueur.

Cette découverte a immédiatement entraîné son interpellation, puis l’ouverture d’une procédure judiciaire pour infraction à la législation sur les changes. Le dossier a été rapidement transmis au tribunal de Dar El Beïda, compétent pour ce type d’affaires liées aux infractions commises au niveau de l’aéroport international.

Présenté devant le juge le 16 mars, l’ancien coach du MC Alger a dû répondre des faits de transport de devises sans déclaration. Une infraction prise très au sérieux par les autorités algériennes, dans un contexte où le contrôle des flux financiers reste une priorité pour lutter contre les sorties illicites de capitaux.

À l’issue de l’audience, le verdict est tombé rapidement. Rhulani Mokwena a été condamné à deux mois de prison avec sursis. En parallèle, la justice a ordonné la confiscation de l’intégralité de la somme non déclarée, ainsi qu’une amende fixée à 50 000 dinars algériens. Une décision qui met fin à cette affaire sur le plan judiciaire, mais qui laisse une image contrastée de son passage en Algérie.

Ce type d’incident rappelle l’importance de respecter scrupuleusement la réglementation en matière de transport de devises. En Algérie, les seuils autorisés sans déclaration sont strictement encadrés. Les ressortissants algériens ne peuvent pas transporter plus de 1 000 euros sans déclaration, tandis que les voyageurs étrangers bénéficient d’un plafond plus élevé, fixé à 5 000 euros. Au-delà de ces montants, une déclaration officielle est obligatoire auprès des services douaniers.

Dans le cas de Rhulani Mokwena, le montant découvert dépassait largement les limites autorisées, ce qui explique la fermeté de la réponse judiciaire. Pour de nombreux observateurs, cette affaire aurait pu être évitée avec une meilleure connaissance des règles en vigueur.

Au-delà de l’aspect juridique, cet épisode vient ternir une expérience sportive qui avait pourtant démarré sous de bons auspices. Durant son passage au MC Alger, le technicien sud-africain avait su imposer sa patte et offrir un trophée au club. Mais cette fin inattendue risque de marquer durablement les esprits.

Pour Rhulani Mokwena, cette mésaventure marque une fin brutale et inattendue de son passage en Algérie. Un épisode qui contraste fortement avec ses débuts prometteurs et qui souligne, une fois de plus, que le respect des procédures administratives est essentiel, même dans les moments de transition professionnelle.