Devises : l’euro atteint son plus haut niveau depuis 5 ans

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Selon une analyse publiée par La Tribune, les marchés des changes connaissent un bouleversement majeur en ce début d’année 2026. L’euro s’est hissé à 1,1939 dollar, un niveau inédit depuis juin 2021, confirmant une dynamique haussière entamée depuis plusieurs mois. Sur un an, la monnaie européenne affiche une progression supérieure à 13 %, un mouvement qui reflète moins la force intrinsèque de la zone euro que l’affaiblissement profond du billet vert.

Cette perte de vitesse du dollar est particulièrement visible à travers le Dollar Index, indicateur de référence qui compare la devise américaine à un panier de monnaies internationales. Celui-ci est tombé à 96,218 points, un seuil plus observé depuis 2022. Pour La Tribune, ce recul traduit une crise de confiance croissante à l’égard des États-Unis, dans un contexte politique et institutionnel jugé de plus en plus instable par les investisseurs.

L’un des principaux facteurs identifiés réside dans la politique menée par l’administration Trump. Les marchés digèrent difficilement les annonces successives, parfois contradictoires, en matière de commerce international. Les menaces répétées de hausses de droits de douane, notamment à l’encontre de plusieurs pays européens, suivies de revirements soudains lors de sommets internationaux, ont brouillé la lisibilité de la stratégie américaine. Cette imprévisibilité affaiblit le rôle traditionnel du dollar comme valeur refuge en période d’incertitude.

À cela s’ajoute une pression politique inédite sur la Réserve fédérale. Toujours selon La Tribune, les critiques ouvertes du président américain à l’encontre de Jerome Powell, actuel patron de la Fed, ont contribué à éroder la crédibilité de l’institution. À quelques mois de la fin du mandat de Powell, prévue en mai 2026, les attaques répétées de la Maison-Blanche et les appels insistants à une baisse rapide des taux nourrissent le doute sur l’indépendance de la politique monétaire américaine.

Cette situation incite les capitaux internationaux à se détourner du dollar au profit d’autres devises jugées plus stables, mais aussi d’actifs tangibles. Le yen japonais en profite directement. Un signal fort a été envoyé le 24 janvier, lorsque la Réserve fédérale de New York a sollicité des cotations sur la paire dollar-yen auprès des grandes banques, un geste souvent interprété comme un prélude à une intervention sur le marché. Résultat : la monnaie japonaise s’est appréciée rapidement, gagnant plus de 1,5 % face au dollar en une seule séance.

Dans le même temps, l’or confirme son statut de refuge ultime. Porté par la défiance vis-à-vis du billet vert et par les tensions géopolitiques persistantes, le métal jaune a franchi un nouveau record historique, dépassant les 5 100 dollars l’once avant de se stabiliser légèrement. L’argent suit une trajectoire similaire, avec une hausse encore plus marquée, signe d’un repositionnement massif des investisseurs vers les métaux précieux.

Pour La Tribune, cette configuration marque un tournant symbolique sur les marchés financiers mondiaux. L’affaiblissement du dollar n’est plus perçu comme un phénomène conjoncturel, mais comme le résultat d’un cumul de facteurs politiques, économiques et institutionnels. Tant que les incertitudes entourant la gouvernance américaine et l’indépendance de la Fed persisteront, la pression sur le billet vert devrait se maintenir, au bénéfice de l’euro, du yen et des actifs refuges.

Dans ce contexte, les cambistes et les investisseurs restent extrêmement attentifs aux prochaines décisions de Washington, conscients que la stabilité monétaire mondiale dépend en grande partie de la capacité des États-Unis à restaurer la confiance dans leur devise.