Diaspora – Laisser les véhicules en Algérie : Yagoubi met en garde

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De nombreux Algériens établis à l’étranger choisissent de rentrer au pays avec leurs véhicules personnels lors de leurs séjours. Cette pratique, assez répandue parmi les membres de la diaspora, est toutefois encadrée par des règles précises que certains voyageurs ne maîtrisent pas toujours. Un député représentant la communauté algérienne à l’étranger a récemment attiré l’attention sur les risques juridiques liés au non-respect de ces dispositions.

Il s’agit de Abdelouahab Yagoubi, député des Algériens établis en France au sein de l’Assemblée populaire nationale, qui a mis en garde les voyageurs contre certaines pratiques liées à l’utilisation du titre de passage en douane, communément appelé TPD. Ce document est indispensable pour toute personne souhaitant entrer en Algérie avec un véhicule immatriculé à l’étranger.

Le parlementaire rappelle que ce dispositif ne constitue pas une procédure d’importation du véhicule. Il s’agit plutôt d’une autorisation de circulation temporaire permettant aux visiteurs de conduire leur voiture pendant leur séjour en Algérie sans avoir à s’acquitter des droits et taxes douaniers normalement exigés pour l’importation d’un véhicule.

Cependant, cette facilité administrative s’accompagne de règles strictes. Le véhicule introduit sur le territoire national dans le cadre d’un TPD doit obligatoirement être réexporté vers l’étranger à l’issue du délai prévu par la réglementation. Autrement dit, la voiture ne peut pas rester de manière permanente en Algérie tant qu’elle n’a pas fait l’objet d’une importation officielle et du paiement des taxes correspondantes.

Selon Abdelouahab Yagoubi, certaines difficultés apparaissent lorsque des propriétaires quittent le territoire algérien en laissant leur véhicule sur place sans régulariser leur situation administrative. Ce type de situation peut rapidement se transformer en problème juridique, notamment si les délais autorisés sont dépassés ou si le véhicule continue d’être utilisé sans respecter les conditions fixées par la loi.

Le député insiste sur le fait que l’introduction d’un véhicule sous TPD est considérée comme une entrée « à titre temporaire ». Cela signifie que les autorités douanières tolèrent la circulation du véhicule uniquement pour une durée limitée, précisément parce qu’il ne s’agit pas d’une importation définitive. Dans ce cadre, aucun droit de douane ni taxe d’importation n’est exigé, mais cette exemption reste conditionnée au respect des délais de sortie du territoire.

Le non-respect de ces règles peut être assimilé à une infraction. Laisser un véhicule immatriculé à l’étranger en Algérie sur une longue période sans procéder à une importation officielle revient en effet à contourner la réglementation douanière. Pour Abdelouahab Yagoubi, cette pratique expose les propriétaires à des situations administratives complexes, voire à des sanctions.

La durée autorisée pour l’utilisation d’un véhicule sous TPD est actuellement limitée à six mois par année. Durant cette période, le titulaire du document peut circuler librement sur le territoire national avec sa voiture immatriculée à l’étranger. Au-delà de ce délai, le véhicule doit impérativement quitter l’Algérie.

Par le passé, certains automobilistes profitaient d’une certaine tolérance administrative pour prolonger ce délai. Il suffisait parfois de sortir brièvement du territoire puis de revenir pour bénéficier d’une nouvelle période de six mois. Cette pratique, autrefois observée dans certains cas, n’est désormais plus possible.

Le député explique que cette tolérance ponctuelle a pu créer une confusion chez certains membres de la diaspora, qui pensaient disposer d’un droit permanent de renouveler leur séjour avec le véhicule. Or, le cadre juridique n’a jamais réellement changé et prévoit toujours une présence maximale de six mois par an pour les véhicules immatriculés à l’étranger.

Malgré ces restrictions, Abdelouahab Yagoubi reconnaît que la situation du marché automobile en Algérie peut expliquer en partie le recours à cette solution par certains citoyens. L’offre de véhicules reste limitée dans le pays et les prix affichés sur le marché national demeurent élevés, ce qui pousse certains voyageurs à utiliser leur voiture personnelle lorsqu’ils séjournent en Algérie.

Pour le parlementaire, la réponse à ce phénomène ne doit pas se limiter à une application stricte des règles administratives. Il estime que les autorités devraient également s’attaquer aux causes profondes du problème, notamment la pénurie relative de véhicules disponibles sur le marché local.

Dans cette perspective, il plaide pour une ouverture progressive du marché automobile afin d’améliorer l’offre et de stabiliser les prix. Il suggère également d’envisager des mesures de simplification administrative pour certaines situations exceptionnelles liées au TPD, par exemple lorsqu’un véhicule tombe en panne ou lorsque son propriétaire se trouve confronté à un cas de force majeure qui l’empêche de quitter le territoire dans les délais.

En attendant d’éventuelles évolutions réglementaires, les voyageurs qui souhaitent entrer en Algérie avec leur voiture immatriculée à l’étranger sont invités à respecter scrupuleusement les règles en vigueur. Le TPD reste une solution pratique pour circuler temporairement dans le pays, mais son utilisation exige de se conformer aux délais et aux procédures fixés par la réglementation douanière.