Diaspora : Tebboune annonce la facilitation du retour en Algérie pour certaines personnes

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L’annonce faite par le président Abdelmadjid Tebboune à l’issue du Conseil des ministres du 11 janvier 2026 marque un tournant sensible dans la manière dont l’Algérie aborde la question de sa diaspora en difficulté à l’étranger. Pour la première fois de façon aussi explicite, l’État algérien ouvre la porte à une régularisation encadrée de la situation de jeunes ressortissants vivant hors du pays dans des conditions précaires et sans statut administratif stable. Une décision à forte portée humaine, mais aussi politique et symbolique.

Depuis plusieurs années, la question des jeunes Algériens partis à l’étranger, souvent de manière illégale, occupe une place importante dans le débat public. Derrière les chiffres et les discours, il y a surtout des parcours individuels marqués par la désillusion, la solitude et parfois l’exploitation. Beaucoup de ces jeunes ont quitté le pays avec l’espoir d’un avenir meilleur, convaincus par des discours trompeurs ou par des réseaux promettant des solutions rapides. Une fois arrivés à destination, la réalité s’est révélée bien plus dure : absence de papiers, emplois informels, peur permanente des contrôles, conditions de vie indignes.

C’est à cette catégorie précise que s’adresse aujourd’hui l’initiative du président Tebboune. Les autorités algériennes reconnaissent implicitement que certains de ces jeunes ont été manipulés, instrumentalisés ou poussés à l’exil par des discours alarmistes visant à noircir l’image du pays et à exploiter leur vulnérabilité. Il ne s’agit donc pas d’une amnistie générale ni d’un encouragement à l’irrégularité, mais d’un geste ciblé envers des citoyens en situation de détresse, souvent coupables de manquements mineurs plutôt que d’actes criminels graves.

Le message envoyé est clair : l’Algérie ne ferme pas les yeux sur les difficultés vécues par ses enfants à l’étranger et refuse de les abandonner à leur sort. En tendant la main à ces jeunes, l’État cherche à les soustraire aux cercles de marginalisation, voire aux réseaux criminels qui prospèrent sur la misère humaine. Car vivre sans statut légal expose à tous les abus : salaires dérisoires, logements insalubres, chantage, violences et parfois enrôlement forcé dans des activités illégales.

La régularisation annoncée repose sur un engagement réciproque. Les jeunes concernés devront manifester leur volonté de tourner la page, de respecter la loi et de ne pas retomber dans des situations similaires. En contrepartie, l’État s’engage à faciliter leur prise en charge administrative à travers le réseau consulaire algérien. Les consulats joueront un rôle central, depuis l’identification des personnes éligibles jusqu’à l’accompagnement dans les démarches nécessaires, y compris en vue d’un retour au pays lorsque cela est possible.

Cette mesure s’inscrit aussi dans une logique de protection de l’image et de la cohésion nationale. Les autorités ont clairement indiqué que certaines forces tentaient d’exploiter les phénomènes migratoires pour présenter l’Algérie comme un pays sans avenir pour sa jeunesse. En répondant par une approche humaine et structurée, l’État cherche à couper court à ces récits tout en assumant sa responsabilité envers ses ressortissants, où qu’ils se trouvent.

Il est important de souligner que cette décision comporte des limites strictes. Sont formellement exclus du dispositif les individus impliqués dans des crimes graves, notamment les crimes de sang, le trafic de drogue, le trafic d’armes ou toute collaboration avec des services étrangers visant à nuire à la sécurité et à la stabilité du pays. Cette exclusion rappelle que la mesure ne saurait être confondue avec un effacement des fautes lourdes, et qu’elle s’adresse avant tout à des parcours marqués par l’erreur et la fragilité, non par la criminalité organisée.