L’Algérie se retrouve aujourd’hui face à un défi économique majeur, à la suite de la politique protectionniste menée par le président américain Donald Trump, et ce en augmentant le taux des droits de douane. Cette politique, qui affecte directement les relations commerciales internationales, a des répercussions importantes pour de nombreux pays, et l’Algérie ne fait pas exception. En ce mois d’avril 2025, la hausse des droits de douane sur les produits algériens exportés vers les États-Unis a franchi un seuil critique, avec une augmentation de la taxe passant de 18,9% à 30%. Cette décision a de profondes implications pour l’économie algérienne, particulièrement en ce qui concerne les échanges commerciaux et les recettes en devises, qui risquent d’être sérieusement affectées.
L’Algérie, en tant que cinquième fournisseur africain des États-Unis, subit une pression considérable de cette nouvelle politique de Trump sur les droits de douane. Bien que le pays ait établi des partenariats stratégiques avec les États-Unis, cette décision risque de perturber les relations commerciales. En 2024, les échanges commerciaux entre les deux pays avaient atteint 3,5 milliards de dollars, avec une baisse des exportations algériennes vers les États-Unis de 18,7%. Cette réduction des exportations s’ajoutant à l’augmentation des droits de douane exacerbe la situation économique du pays.
Les produits algériens, notamment ceux en provenance des secteurs non-hydrocarbures, risquent de devenir moins compétitifs sur le marché américain en raison de cette hausse des tarifs douaniers. En 2023, les États-Unis étaient le deuxième importateur de produits algériens après la France, avec un volume d’importations de 581 millions de dollars. L’augmentation de 11,1 points de pourcentage sur les droits de douane compliquera encore davantage l’accès de ces produits à un marché américain déjà difficile. Cette situation entraîne une perte potentielle de parts de marché dans l’une des économies les plus importantes du monde.
Dans ce contexte difficile, l’Algérie est contrainte d’envisager d’autres solutions pour compenser ces pertes. La diversification des marchés et des exportations devient plus que jamais une nécessité. En effet, l’Algérie devra se tourner davantage vers d’autres régions du monde pour limiter l’impact de cette hausse des tarifs douaniers. Les marchés asiatiques, notamment la Chine, offrent des perspectives intéressantes pour les exportateurs algériens. De plus, les pays africains deviennent des partenaires stratégiques de plus en plus importants dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), qui offre un cadre pour renforcer les échanges intra-africains.
Dans le même temps, l’Europe demeure un axe essentiel à explorer pour l’Algérie. Malgré la concurrence croissante des États-Unis, qui ont renforcé leur présence dans la région, l’Europe reste un partenaire clé pour le commerce extérieur algérien. Les entreprises algériennes devront intensifier leurs efforts pour diversifier leurs produits et accroître leur compétitivité sur le marché européen, tout en faisant face à la pression des tarifs américains.
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Les répercussions de la politique de Trump ne se limitent pas uniquement aux exportations algériennes. Elles affectent également la dynamique des échanges internationaux, notamment au sein de la région méditerranéenne. Les pays voisins, comme la Libye et la Tunisie, sont également touchés par cette hausse des droits de douane. Cependant, l’Algérie semble être l’un des pays les plus pénalisés dans la région, après la Libye, en raison de l’ampleur de cette augmentation. Le Maroc, quant à lui, a été relativement épargné par ces nouvelles mesures, avec une augmentation plus modeste des droits de douane, ce qui pourrait avoir un impact sur sa compétitivité vis-à-vis de l’Algérie dans certaines filières.
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La politique protectionniste de Donald Trump, bien que vantée comme un moyen de redynamiser l’économie américaine, a des effets collatéraux qui perturbent les relations commerciales internationales. Alors que Trump prône une « indépendance économique » et prédit un essor des marchés américains, les pays comme l’Algérie devront faire face à un environnement commercial de plus en plus difficile. Les nouveaux tarifs douaniers risquent d’aggraver une situation déjà complexe, marquée par une réduction des exportations et des défis économiques internes.
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L’Algérie devra, par conséquent, accélérer la diversification de ses partenaires commerciaux et intensifier ses efforts pour renforcer sa compétitivité sur les marchés étrangers. Les nouveaux axes de développement, qu’il s’agisse des marchés asiatiques, africains ou européens, devront être explorés en profondeur pour compenser les pertes liées à l’augmentation des droits de douane. Une adaptation rapide et efficace à cette nouvelle réalité commerciale sera essentielle pour limiter les effets négatifs de cette politique protectionniste sur l’économie algérienne.