Le passage à la nouvelle année n’a pas seulement marqué le début de 2026 pour les Algériens, il a aussi apporté une surprise inattendue à des millions d’automobilistes. Dès les premières heures du jeudi 1er janvier, de nombreux conducteurs ont découvert, parfois avec stupeur, une modification des prix affichés à la pompe. Sans communiqué officiel préalable ni annonce publique, les tarifs des carburants ont été revus à la hausse sur l’ensemble du territoire national, installant un sentiment de confusion mêlé d’inquiétude. Quels sont donc les nouveaux prix du carburant en Algérie ?
Désormais, le litre d’essence est vendu à 47 dinars, celui du gasoil à 31 dinars, tandis que le GPL-c atteint 12 dinars. La comparaison avec les anciens tarifs rend la hausse d’autant plus perceptible : l’essence était jusque-là fixée à 45,62 dinars, le gasoil à 29,01 dinars et le GPL-c oscillait autour de 9 dinars le litre. Si l’augmentation peut sembler modérée sur le papier, son impact psychologique est réel, surtout dans un contexte marqué par la hausse générale du coût de la vie.
Selon les informations disponibles, cette révision tarifaire a été décidée le mercredi 31 décembre par l’Autorité de régulation des hydrocarbures. Un courrier aurait été adressé aux gérants des stations-service leur demandant de procéder à la mise à jour immédiate des prix dès minuit. Une méthode qui a surpris aussi bien les consommateurs que certains acteurs du secteur, d’autant plus qu’aucune communication officielle n’est venue accompagner cette décision, ni de la part de Naftal, principal distributeur de carburants en Algérie, ni de l’ARH elle-même.
Ce silence institutionnel n’a pas manqué de susciter des critiques. Le président de l’Association de protection et d’orientation du consommateur, Mustapha Zebdi, a confirmé l’authenticité des nouveaux prix du carburant en Algérie, tout en dénonçant la manière dont ils ont été imposés. Sur les réseaux sociaux, il s’est interrogé ouvertement sur le manque de transparence, estimant que le consommateur aurait dû être informé à l’avance, au lieu de découvrir la hausse directement devant la pompe. Pour beaucoup, cette absence d’anticipation renforce le sentiment d’imprévisibilité et fragilise la confiance envers les instances concernées.
La polémique est d’autant plus vive que la Loi de finances 2026 ne prévoyait aucune modification des prix des produits pétroliers. Les articles 54, 55 et 56 du texte stipulent explicitement le maintien des taxes et droits appliqués aux carburants « sans changement ». Cette contradiction apparente alimente les interrogations sur les marges de manœuvre réglementaires utilisées pour justifier cette hausse, ainsi que sur ses véritables motivations économiques.
Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été immédiates et contrastées. Certains internautes dénoncent une décision prise « en catimini », d’autres s’inquiètent des répercussions indirectes sur les prix des transports, des marchandises et, à terme, sur le pouvoir d’achat. Pour de nombreux ménages, le carburant reste une dépense incontournable, notamment dans les régions où les alternatives de transport sont limitées.
À l’inverse, les professionnels du secteur ont accueilli la décision avec un tout autre regard. L’Union nationale des investisseurs, propriétaires et exploitants de relais et stations-service a salué cette révision, qu’elle considère comme une avancée longtemps attendue. Dans un communiqué, l’organisation parle d’une « victoire historique » après des années de revendications, estimant que la revalorisation des prix permet enfin d’améliorer la marge des distributeurs et d’assurer la viabilité économique des stations-service.
Cette divergence de perception illustre un fossé persistant entre les impératifs économiques des opérateurs et les préoccupations quotidiennes des consommateurs. Si la hausse vise à rééquilibrer un secteur jugé sous pression, elle pose aussi la question de la communication et de l’accompagnement des citoyens face à des décisions qui touchent directement leur quotidien.
En ce début de 2026, l’augmentation des prix des carburants en Algérie apparaît ainsi comme un signal fort, à la fois économique et social. Au-delà des chiffres, elle rappelle l’importance d’une information claire et anticipée, dans un contexte où chaque dinar compte et où la confiance du consommateur reste un enjeu central.