Dès ce lundi 26 janvier 2026, Ségolène Royal se rendra à Alger pour une mission combinant aspects économiques et associatifs, dans un contexte diplomatique délicat entre la France et l’Algérie. Cette visite intervient après plusieurs mois de tensions et de différends historiques non résolus, mais elle illustre également la volonté de certains acteurs de maintenir un dialogue constructif et pragmatique, notamment sur les questions économiques et industrielles.
Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie (AFA) depuis le 18 décembre 2025, succède à Arnaud Montebourg à la tête de cette organisation fondée en 1963, peu après l’indépendance de l’Algérie. L’AFA constitue depuis sa création un pilier du dialogue bilatéral entre les deux pays, intervenant sur les plans économique, culturel et institutionnel. Sous sa direction, l’association entend renforcer la coopération franco-algérienne, favoriser les échanges commerciaux et industriels, et soutenir les partenariats stratégiques, malgré les différends diplomatiques qui ont parfois paralysé les relations officielles.
Le programme de Ségolène Royal à Alger comprend des rencontres avec des responsables économiques, des chefs d’entreprises et des représentants institutionnels. L’objectif est de dynamiser les investissements, faciliter les échanges commerciaux et créer un cadre favorable aux partenariats durables. Cette mission s’inscrit dans un contexte où la coopération économique entre les deux pays reste cruciale, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’industrie, de l’agroalimentaire et des technologies innovantes. La présence de Ségolène Royal à Alger est ainsi un signal fort adressé aux acteurs économiques des deux rives de la Méditerranée : malgré les tensions, le dialogue et la coopération restent possibles et nécessaires.
Mais cette visite ne se limite pas aux aspects économiques. Ségolène Royal a récemment exprimé sa volonté d’aborder également les questions mémorielles et historiques, souvent au cœur des tensions entre Paris et Alger. Lors d’une conférence à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), intitulée « Demain, la France et l’Algérie », elle a insisté sur la nécessité d’une approche fondée sur la reconnaissance des crimes coloniaux, la restitution des biens culturels et des dépouilles, ainsi que sur la transparence concernant les essais nucléaires effectués dans le Sahara dans les années 1960.
Pour elle, la réconciliation ne peut se limiter aux symboles ou aux déclarations diplomatiques : elle doit se traduire par des actions concrètes et mesurables. Elle a notamment défini trois axes prioritaires : la restitution complète des biens culturels, archives et restes humains ; la transparence totale sur les conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires, accompagnée d’une dépollution effective des sites ; et enfin, la mise en place d’un dialogue structuré impliquant experts, autorités et société civile pour garantir la durabilité de la coopération bilatérale.
Ce déplacement intervient alors que le contexte diplomatique reste marqué par des désaccords, notamment autour des questions mémorielles, mais également par des tensions politiques et médiatiques. Les relations officielles entre les deux pays connaissent un gel partiel depuis l’été 2024, affectant certains échanges institutionnels et diplomatiques. Dans ce contexte, la mission de Ségolène Royal illustre une démarche pragmatique : maintenir le dialogue, sécuriser les partenariats économiques et préparer un terrain favorable à une coopération à long terme.
Ségolène Royal se positionne ainsi comme un acteur majeur du rapprochement franco-algérien, en mêlant diplomatie économique, engagement associatif et prise en compte des questions historiques et mémorielles. Sa visite à Alger n’est pas seulement symbolique : elle vise à concrétiser des projets économiques, à renforcer les liens institutionnels et à créer un cadre de confiance entre les acteurs français et algériens, dans un contexte où la patience, le dialogue et la transparence sont indispensables.
Par ailleurs, cette mission pourrait ouvrir la voie à de futures initiatives bilatérales, tant dans le domaine de l’investissement que dans celui de la coopération culturelle et scientifique. En plaçant la question mémorielle sur un plan juridique et historique, Ségolène Royal entend également créer un précédent : montrer que la réconciliation ne peut être superficielle et qu’elle repose sur la reconnaissance, la restitution et la responsabilité partagée.