Avec l’augmentation des échanges entre l’Algérie et sa diaspora, l’envoi de colis à l’étranger est devenu une pratique courante pour de nombreuses familles. Produits alimentaires, vêtements, objets personnels ou petits cadeaux circulent régulièrement grâce au service EMS (Express Mail Service) proposé par Algérie Poste. Ce service, conçu pour faciliter les expéditions internationales dans des délais relativement courts, répond à une demande croissante, notamment de la part des Algériens résidant hors du pays. Toutefois, derrière cette facilité apparente, un cadre réglementaire strict s’impose, que l’opérateur public rappelle afin d’éviter tout abus ou malentendu.
Dans un communiqué rendu public le lundi 5 janvier, Algérie Poste a tenu à préciser les règles encadrant l’envoi de colis vers l’étranger, en insistant particulièrement sur la liste des objets et marchandises interdits. Cette mise au point vise à informer les usagers, mais aussi à prévenir les situations de blocage, de saisie ou de sanctions liées au non-respect des réglementations douanières, aussi bien algériennes que celles des pays de destination.
Selon Algérie Poste, il est formellement interdit d’expédier des colis contenant des marchandises soumises à des droits de douane vers des pays qui refusent ce type d’envoi, quelle que soit la nature ou la forme de ces marchandises. Cette précision est importante, car chaque pays applique ses propres règles en matière d’importation, et certains interdisent catégoriquement l’entrée de biens non déclarés ou soumis à taxation lorsqu’ils transitent par voie postale. L’opérateur rappelle ainsi que l’expéditeur est responsable du contenu de son colis et des conséquences éventuelles en cas de non-conformité.
Le communiqué insiste également sur l’interdiction absolue d’insérer des billets de banque ou des documents bancaires dans les colis ordinaires. Les chèques, qu’ils soient nationaux ou internationaux, sont eux aussi concernés par cette interdiction. À cela s’ajoute l’envoi de pièces de monnaie, qu’elles soient en dinars algériens ou en devises étrangères, qui est strictement proscrit par voie postale. Cette règle s’inscrit dans le cadre du contrôle des flux financiers et de la lutte contre toute tentative de contournement des procédures légales liées aux devises.
Par ailleurs, Algérie Poste rappelle que tout colis susceptible de présenter un danger est interdit à l’envoi. Sont notamment concernés les objets pouvant causer des blessures, endommager d’autres correspondances ou mettre en péril la sécurité des agents et des infrastructures postales. Les matières explosives, inflammables ou dangereuses sont donc exclues sans exception du service EMS. De la même manière, les contenus portant atteinte aux bonnes mœurs ou à la morale publique sont prohibés, conformément aux lois et usages en vigueur.
En affichant clairement ces interdictions, Algérie Poste ne fait que s’aligner sur la réglementation douanière algérienne, mais aussi sur les normes internationales qui régissent le transport postal. Cette démarche permet à l’établissement public de se prémunir juridiquement et d’éviter que son service ne soit utilisé comme un moyen de contourner les contrôles douaniers, notamment en matière de transfert de devises ou de marchandises réglementées.
Pour les usagers, ces rappels constituent un élément essentiel à prendre en compte avant toute expédition. Un colis non conforme peut être bloqué, retourné à l’expéditeur, voire saisi par les autorités compétentes, avec les désagréments et les pertes financières que cela implique. Algérie Poste invite ainsi les citoyens à se renseigner au préalable, à déclarer correctement le contenu de leurs envois et à respecter scrupuleusement les règles établies.