Euro, dinar algérien : la folle mésaventure d’un cambiste à Alger

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Une agression d’une rare violence survenue à Alger met en lumière les dangers liés aux transactions informelles sur les réseaux sociaux. Un cambiste a été piégé après un contact établi via Facebook, avant d’être attaqué et dépouillé d’une importante somme d’argent dans la commune de Bachdjerrah.

Les faits remontent au 16 décembre 2025. La victime, un commerçant spécialisé dans le change de devises, avait été approchée en ligne par un individu se présentant comme vendeur. Après plusieurs échanges, un rendez-vous est fixé tard dans la soirée, aux alentours de 23 heures, à proximité de la station de métro de Bachdjerrah. Une rencontre qui va rapidement tourner au piège.

Une fois sur place, le cambiste est conduit vers une zone isolée par ses interlocuteurs. C’est là que la situation bascule. Selon les éléments de l’enquête, il est violemment agressé par deux individus, qui le menacent à l’aide d’une arme blanche de type sabre avant de lui dérober son argent.

Le préjudice est conséquent. Les assaillants repartent avec environ 900 euros ainsi qu’une somme estimée à 500 000 dinars algériens. Traumatisée, la victime dépose plainte, déclenchant une enquête approfondie des services de sécurité.

Les investigations ont permis de remonter rapidement jusqu’à un premier suspect, identifié comme étant le propriétaire du compte Facebook ayant servi à appâter la victime. L’analyse de ses communications téléphoniques a ensuite conduit les enquêteurs vers un second individu, soupçonné d’avoir participé à l’agression.

Lors de son audition, le principal mis en cause a reconnu avoir publié l’annonce proposant la vente de devises et avoir fixé le rendez-vous. Il admet également avoir conduit la victime sur les lieux. En revanche, il conteste l’usage d’une arme et affirme que les faits seraient le résultat d’une altercation qui aurait dégénéré avec des jeunes du quartier.

Concernant son supposé complice, il tente de minimiser son implication, évoquant un simple échange téléphonique sans lien direct avec l’agression. Une version qui n’a pas totalement convaincu les enquêteurs, ces derniers considérant certains éléments comme des indices de complicité.

De son côté, la victime maintient fermement sa version des faits. Elle affirme avoir été clairement menacée avec une arme blanche et accuse directement les deux individus d’être à l’origine du guet-apens. Malgré la violence de l’agression, elle a toutefois décidé de ne pas réclamer de dédommagement, ayant pu récupérer son argent et ses documents.

L’affaire a déjà été jugée en première instance. Les deux accusés ont écopé de trois ans de prison ferme chacun. Mais le parquet a estimé que les peines prononcées n’étaient pas suffisamment sévères au regard de la gravité des faits. Lors du procès en appel, il a requis un durcissement des sanctions.

Face au juge, les deux prévenus ont maintenu leurs déclarations. Le principal accusé continue de nier toute préméditation, tandis que le second rejette en bloc les accusations portées contre lui. L’affaire a été mise en délibéré, et le verdict final est attendu dans les prochains jours.

Ce fait divers relance le débat sur les risques liés aux transactions informelles, notamment dans le domaine sensible du change de devises. De plus en plus de personnes ont recours aux réseaux sociaux comme Facebook pour ce type d’échanges, souvent en dehors de tout cadre légal. Une pratique qui expose à des dangers réels, comme le montre cette agression.

Les autorités rappellent régulièrement l’importance de privilégier les circuits officiels pour toute opération financière. Au-delà des pertes matérielles, ce type de piège peut entraîner des conséquences physiques et psychologiques lourdes.

Dans ce dossier, la justice devra désormais trancher définitivement sur le sort des accusés. Une décision très attendue, qui pourrait également servir d’exemple face à la recrudescence de ce genre d’affaires.