La compagnie aérienne nationale Air Algérie s’apprête à revoir en profondeur son dispositif de desserte de la capitale britannique. À partir de la fin du mois de mars 2026, les vols opérés entre Alger et Londres ne transiteront plus par l’aéroport de Heathrow, l’un des hubs aériens les plus fréquentés et les plus coûteux d’Europe. L’ensemble des rotations sera désormais assuré exclusivement via l’aéroport de Stansted, situé au nord-est de Londres.
Cette décision marque un changement notable pour les passagers algériens, notamment pour les membres de la diaspora installés au Royaume-Uni, qui avaient pris l’habitude de voyager via Heathrow pour des raisons de praticité, de correspondances internationales et d’accessibilité. Jusqu’à présent, Air Algérie partageait ses opérations londoniennes entre Heathrow et Stansted, offrant une certaine flexibilité aux voyageurs. À compter du 28 mars 2026, cette dualité disparaîtra.
Sur les réseaux sociaux, l’annonce a rapidement suscité interrogations et inquiétudes. Certains internautes ont évoqué une éviction d’Air Algérie par la direction de Heathrow, laissant entendre que la compagnie algérienne aurait été contrainte de quitter la plateforme. Une interprétation que le député des Algériens établis au Royaume-Uni, Fares Rahmani, s’est empressé de démentir publiquement.
Selon l’élu, il s’agit d’une décision volontaire, dictée par des considérations financières et opérationnelles. Heathrow applique des frais d’exploitation particulièrement élevés, tant pour les redevances d’atterrissage que pour les services au sol. Ces coûts sont encore plus importants pour les compagnies opérant avec des appareils plus anciens, ce qui est en partie le cas de la flotte actuelle d’Air Algérie. Dans ce contexte, maintenir des vols réguliers sur cette plateforme représente une charge financière difficilement soutenable.
Le choix de Stansted s’explique donc par une volonté de rationalisation des coûts. Cet aéroport, bien que plus éloigné du centre de Londres, offre des conditions tarifaires nettement plus avantageuses pour les compagnies aériennes, notamment celles cherchant à contenir les prix des billets. Pour Air Algérie, cette réorganisation permettrait de limiter les dépenses et d’éviter que les frais élevés de Heathrow ne se répercutent directement sur les passagers.
Cette question des tarifs est centrale. Les billets au départ ou à destination de Heathrow sont généralement plus chers que ceux opérés depuis Stansted, précisément à cause des taxes et des redevances imposées par l’aéroport. En se retirant temporairement de Heathrow, Air Algérie espère préserver une certaine compétitivité tarifaire sur la ligne Algérie–Royaume-Uni, très fréquentée par la diaspora, notamment en période de vacances scolaires et de fêtes religieuses.
Toutefois, cette décision n’est pas présentée comme définitive. Fares Rahmani souligne que la compagnie nationale prévoit un retour à Heathrow à moyen terme, une fois sa flotte modernisée. Air Algérie attend en effet la réception de nouveaux avions commandés auprès d’Airbus, qui devraient permettre de réduire les charges liées à l’exploitation sur des plateformes exigeantes comme Heathrow. Des appareils plus récents signifient non seulement des coûts moindres, mais aussi une meilleure image et un confort accru pour les passagers.
Le député a par ailleurs indiqué avoir transmis plusieurs doléances à la direction d’Air Algérie. Parmi elles figure la question des voyageurs ayant déjà réservé des billets au départ de Heathrow pour des vols programmés après le transfert vers Stansted. Selon lui, une compensation ou un remboursement de la différence tarifaire devrait être envisagé, afin de ne pas pénaliser les passagers qui se retrouvent contraints de changer d’aéroport sans l’avoir anticipé.
Au-delà de cet épisode, la diaspora algérienne au Royaume-Uni continue de réclamer une amélioration globale de l’offre aérienne. Les demandes portent notamment sur l’ouverture de nouvelles lignes au départ de régions encore mal desservies, aussi bien en Algérie qu’au Royaume-Uni. L’idée de vols directs depuis Manchester revient régulièrement dans les discussions, tout comme celle d’un renforcement des liaisons vers l’Est et l’Ouest algériens.
En attendant ces évolutions, les voyageurs devront s’adapter à cette nouvelle configuration. À partir du printemps 2026, Stansted deviendra l’unique point d’entrée et de sortie pour les vols Air Algérie reliant Londres à Alger. Une solution transitoire, selon les autorités et les représentants de la diaspora, mais qui illustre les arbitrages économiques auxquels la compagnie nationale est confrontée dans un contexte de concurrence accrue et de hausse généralisée des coûts dans le transport aérien.