À partir du 1er janvier 2026, la France mettra en application de nouvelles obligations pour les étrangers qui souhaitent s’installer durablement sur son territoire. Ces mesures, introduites par la dernière loi immigration de janvier 2024 dans le cadre du Contrat d’intégration républicaine (CIR), prévoient la réussite obligatoire de deux examens : un examen civique et un test de langue française. Si ces obligations concernent la majorité des étrangers non européens, certains cas spécifiques, comme celui des ressortissants algériens, sont traités différemment en raison de l’accord franco-algérien de 1968.
Le test civique se présente sous la forme d’un questionnaire à choix multiples, d’une durée de 45 minutes, et se déroule sur support numérique dans des centres agréés. Les candidats doivent répondre à 40 questions réparties en cinq grandes thématiques : les principes et valeurs de la République, qui incluent la devise nationale et la laïcité ; les droits et devoirs des résidents en France ; le système institutionnel et politique, comprenant le droit de vote et le fonctionnement de l’Union européenne ; l’histoire, la géographie et la culture françaises ; et enfin la vie dans la société française, abordant des sujets pratiques comme l’accès aux soins et le droit du travail. Pour valider l’examen, il est désormais nécessaire d’obtenir au moins 80 % de bonnes réponses, ce qui en fait une condition incontournable pour l’obtention d’un titre de séjour pluriannuel ou de résident.
En parallèle, le test de langue française exige désormais un niveau certifié. Là où auparavant il suffisait de justifier d’avoir suivi des cours de français, les candidats devront à présent valider un diplôme officiel attestant de leur compétence linguistique. Les niveaux requis dépendent du titre de séjour demandé : un niveau A2 est nécessaire pour une carte de séjour pluriannuelle de 2 à 4 ans, un niveau B1 pour une carte de résident, et un niveau B2 pour les candidats à la naturalisation. Ces examens sont payants, oscillant entre 100 et 200 euros, et ne sont plus financés par l’État. Cependant, des cours gratuits en ligne sont disponibles pour préparer les candidats, tandis que l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) propose jusqu’à 600 heures de formation en présentiel pour les personnes ayant un niveau débutant, afin de faciliter leur apprentissage et leur intégration.
Il est important de noter que l’examen civique n’est pas obligatoire pour les ressortissants algériens souhaitant obtenir un titre de séjour, en raison de l’accord franco-algérien de 1968. Cet accord historique, qui régit de nombreux aspects des relations entre les deux pays, permet aux Algériens établis en France de ne pas passer le test civique pour les cartes de séjour pluriannuelles ou de résident. En revanche, l’examen devient obligatoire pour les Algériens qui demandent la naturalisation française, car la procédure de citoyenneté ne bénéficie pas de la même exception. Ainsi, la distinction entre titres de séjour et naturalisation est cruciale pour comprendre l’application des nouvelles obligations.
Les candidats doivent donc se préparer avec attention : réussir ces examens est désormais un prérequis incontournable pour s’installer durablement en France ou accéder à la citoyenneté française, et la législation prévoit différents niveaux de difficulté adaptés aux titres demandés. Les autorités françaises ont précisé que le test civique peut être tenté plusieurs fois sans limite, ce qui laisse une marge de manœuvre pour les candidats qui échoueraient à une première tentative. L’objectif affiché est double : s’assurer de la connaissance des principes républicains et garantir un minimum de compétence linguistique, facteurs considérés essentiels pour l’intégration.
Pour les étrangers concernés, la combinaison de ces deux examens constitue donc un passage obligé. Le test civique assure la compréhension des valeurs fondamentales de la société française, tandis que l’évaluation linguistique garantit la capacité à communiquer efficacement et à participer à la vie sociale et économique. Les mesures s’inscrivent dans un cadre légal visant à renforcer l’intégration des nouveaux arrivants, tout en maintenant une approche uniforme pour la majorité des résidents étrangers.