La cinquième édition de l’Iftar des ambassadeurs s’est tenue récemment à la Grande Mosquée de Paris, un rendez-vous désormais bien installé dans le calendrier du mois de Ramadan. Cette rencontre, qui réunit chaque année diplomates, responsables politiques et représentants religieux autour du repas de rupture du jeûne, a cette fois été marquée par la présence du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Sa participation a été remarquée, d’autant plus qu’elle intervient dans un contexte où la relation entre institutions françaises et certaines organisations musulmanes a parfois suscité des débats ces derniers mois.
Organisé dans l’enceinte emblématique de la Grande Mosquée de Paris, l’événement a rassemblé de nombreuses personnalités venues partager un moment convivial et symbolique. Le recteur de l’institution, Chems-eddine Hafiz, a accueilli les invités aux côtés de plusieurs responsables publics et diplomatiques. Parmi eux figuraient notamment la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, la maire de Paris Anne Hidalgo, le préfet d’Île-de-France et de Paris Marc Guillaume, ainsi que le préfet de police de Paris Patrice Faure. Plusieurs élus, parlementaires et représentants des différents cultes étaient également présents pour cette soirée marquée par l’esprit de dialogue et de partage.
La participation de Laurent Nuñez a pris une dimension particulière au regard d’un épisode survenu l’année précédente. En mars 2025, l’ancien ministre de l’Intérieur et des Cultes, Bruno Retailleau, avait en effet choisi de ne pas assister à cet iftar organisé par la Grande Mosquée de Paris. Cette décision avait suscité des réactions et ouvert un débat sur la place des responsables publics dans ce type d’événement. Le ministre avait alors expliqué son absence par une interprétation stricte du principe de laïcité, estimant que la soirée relevait davantage d’un événement religieux que d’un rendez-vous institutionnel.
Cette position avait rompu avec une pratique observée par plusieurs de ses prédécesseurs, qui avaient l’habitude de participer à ce moment de rencontre pendant le Ramadan. La décision de Bruno Retailleau avait été commentée, notamment par les responsables de la Grande Mosquée de Paris qui avaient exprimé leur regret face à cette absence, tout en soulignant le caractère diplomatique et interculturel de l’événement.
La question avait également été évoquée dans un contexte plus large de tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie à cette période. Toutefois, l’entourage du ministre avait tenu à préciser que ce choix ne devait pas être interprété comme un geste politique lié aux relations entre les deux pays. Selon ses collaborateurs, il s’agissait uniquement d’une position de principe fondée sur sa conception de la laïcité.
Un an plus tard, la présence de Laurent Nuñez à l’iftar des ambassadeurs a été perçue par certains observateurs comme un retour à une approche plus ouverte et traditionnelle de ce type de rendez-vous. Sans discours polémique ni prise de position particulière, sa participation s’inscrit dans la continuité d’un dialogue institutionnel entre les autorités françaises et les différentes communautés religieuses présentes dans le pays.
La soirée a rassemblé un large éventail de diplomates venus de plusieurs régions du monde. Des ambassadrices et ambassadeurs d’Arabie saoudite, de Bahreïn, du Bangladesh, des Comores, de Djibouti, d’Égypte, de Gambie, de Jordanie, du Kazakhstan, de Maurice, de Mauritanie, d’Oman, du Soudan, du Tadjikistan, de Tunisie, de Turquie et du Yémen étaient présents. Des représentants d’organisations internationales et régionales, comme la Ligue arabe ou la Ligue islamique mondiale, ont également participé à la rencontre.
D’autres pays étaient représentés par leurs diplomates ou leurs délégations, notamment l’Algérie, l’Azerbaïdjan, les Émirats arabes unis, le Gabon, l’Irak, le Kosovo, le Maroc et le Tchad. Cette diversité de participants illustre le caractère diplomatique et international de l’événement, qui dépasse largement la dimension strictement religieuse du repas de rupture du jeûne.
Au fil des années, l’iftar des ambassadeurs est devenu un moment de rencontre privilégié entre responsables politiques, diplomates et représentants religieux. Dans un contexte international parfois marqué par les tensions, ce type de rassemblement vise à favoriser les échanges et à rappeler l’importance du dialogue entre les cultures et les institutions.
Pour la Grande Mosquée de Paris, cette soirée constitue aussi une occasion de mettre en avant son rôle dans la promotion du vivre-ensemble et de la coopération internationale. La présence de nombreuses personnalités publiques et diplomatiques montre que cet événement continue d’occuper une place particulière dans le paysage institutionnel et symbolique du Ramadan en France.