Les deux filles cachées de l’écrivain algérien Boualem Sansal, Sabeha et Nawal, ont récemment pris la parole pour faire une demande de grâce présidentielle au chef de l’État algérien, Abdelmadjid Tebboune, en faveur de leur père. L’auteur, actuellement incarcéré en Algérie depuis novembre 2023, fait face à une condamnation de cinq ans de prison, ainsi qu’à une amende de 500 000 dinars, après avoir été reconnu coupable d’« atteinte à l’unité nationale ».
Dans une interview accordée à un média tchéque, Sabeha et Nawal ont évoqué leurs démarches auprès des autorités algériennes pour obtenir la libération de leur père. Sabeha a expliqué : « L’ambassadeur tchèque à Alger, Jan Czerný, m’a contactée et m’a proposé de faire une lettre adressée directement au président Tebboune. » Elle a précisé que cette lettre avait été envoyée via le ministère des Affaires étrangères de la République tchèque, mais qu’aucune réponse n’avait été reçue. Les deux sœurs ont, par la suite, adressé une nouvelle lettre personnelle à leur père, toujours par l’intermédiaire de l’ambassade tchèque.
Sabeha a ajouté que la première lettre de demande de grâce avait été envoyée fin novembre ou début décembre 2023, juste après l’arrestation de leur père le 16 novembre. Cependant, malgré l’absence de réponse officielle, elles continuent de nourrir l’espoir que leur appel puisse aboutir à une libération de Boualem Sansal, notamment après le mois de Ramadan, comme l’a souligné Nawal : « Nous souhaitons une grâce présidentielle, parce qu’il est vieux et qu’il est malade. »
Les filles de Boualem Sansal ont également évoqué la nationalité algérienne qu’elles détiennent, en raison de leur père, ce qui soulève des questions sur la perception de leur identité. Sabeha a précisé : « Oui, je l’avais à l’époque quand j’ai vécu en Algérie un an et demi, parce que j’avais perdu mon visa avec mon passeport tchèque et j’ai dû aller à l’ambassade prendre la nationalité algérienne. » Nawal a ajouté : « Ah oui, je pense qu’on a toujours la nationalité algérienne. Tu ne peux pas perdre la nationalité quand le père est algérien. »
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Concernant leur père, les deux filles ont exprimé leur étonnement face à sa décision de retourner en Algérie après avoir pris la nationalité française. Nawal a déclaré : « Je ne sais pas, dans le même temps nous n’étions pas surprises parce que la situation est difficile politiquement. Nous n’avons pas compris pourquoi il est rentré en Algérie. » Sabeha a, quant à elle, indiqué : « Parce que je savais déjà qu’il avait pris la nationalité française, je ne pouvais pas comprendre pourquoi, à ce moment-là, il est à nouveau retourné en Algérie. »
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En ce qui concerne la santé de Boualem Sansal, ses filles ont exprimé leur inquiétude. Sabeha a révélé : « J’étais en contact avec Antoine Gallimard, qui a des informations plutôt rassurantes. Mais je ne sais pas. Je ne sais pas d’où viennent ses informations. Officiellement, on ne sait rien. » Nawal a ajouté : « Oui, c’est une maladie grave. Donc, je suis inquiète. »
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En attendant une réponse du président algérien, les filles de Boualem Sansal restent dans l’espoir que la grâce présidentielle puisse être accordée pour permettre à leur père de retrouver la liberté, compte tenu de son âge avancé et de son état de santé préoccupant.