Dans une ambiance politique déjà marquée par des tensions entre Paris et Alger, Bruno Retailleau, ministre de l’intérieur français, s’est retrouvé au cœur d’une polémique après ses propos sur l’Algérie et la réadmission des ressortissants expulsés depuis la France. Une sortie médiatique qui n’a pas manqué de susciter de vives réactions, notamment celle de Jean-Luc Mélenchon, figure emblématique de La France Insoumise, qui n’a pas hésité à remettre le sénateur à sa place avec une franchise sans détour.
« D’abord, qu’est-ce qu’il fout le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau dans l’histoire avec l’Algérie ? » a lâché Mélenchon, sur un ton cinglant. Une pique qui met en lumière l’incongruité de l’intervention du sénateur sur un dossier relevant, en principe, du ministère des Affaires étrangères. « Il a un problème – l’Algérie n’accepte pas de réadmettre ses ressortissants expulsés depuis la France – mais ce n’est pas à lui de faire le boulot, c’est au ministre des Affaires étrangères. C’est pour ça qu’il y a des ministres différents, car ils font des tâches différentes. » Un rappel des prérogatives de chacun qui vise à souligner l’ingérence de Retailleau dans un dossier sensible.
Mélenchon ne s’est pas arrêté là et a poursuivi en dénonçant une posture qu’il juge dangereuse et inutilement clivante : « Créer des tensions ne sert à rien. Nous sommes dans ce pays des millions de Franco-Maghrébins, moi-même je suis né au Maroc, vous allez nous faire quoi ? Nous empêcher d’aller voir les parents ou les grands-parents ? Vous allez empêcher nos cousins de venir nous voir ? Dans quel monde vous vivez ? » Une déclaration qui souligne l’attachement viscéral d’une partie de la population française à ses origines et à ses liens transnationaux.
L’ancien candidat à la présidentielle a ensuite interpellé Retailleau sur la vision qu’il projette des citoyens d’origine maghrébine : « Vous voyez, Monsieur Retailleau, toute personne du Maghreb comme un ennemi, comme quelqu’un qui pose problème. On ne laisse pas faire ça : trier les Français, d’après d’où ils viennent. Ce n’est pas Monsieur Retailleau qui va décider ça. » Une charge frontale qui dénonce ce qu’il perçoit comme une tentative de discrimination entre citoyens français en fonction de leurs origines.
Loin de s’arrêter à une critique de circonstance, Mélenchon a conclu avec une référence historique qui vise à remettre les choses en perspective : « Il faut vivre avec son temps. Le temps de la colonie est terminé. Monsieur Retailleau doit se calmer. » Une allusion à peine voilée aux rapports complexes entre la France et l’Algérie, toujours marqués par des blessures du passé, et à la nécessité d’aborder les relations bilatérales sous un prisme plus moderne et apaisé.
Ces déclarations ont immédiatement enflammé le débat public, chacun y allant de son commentaire sur la position du ministre de l’intérieur français. Si certains soutiennent Retailleau dans son intransigeance sur la politique migratoire, d’autres dénoncent une attitude qui risque d’attiser des tensions inutiles dans un contexte déjà délicat.
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