France : des étudiants algériens risquent la « désinscription »

étudiantes algériennes France, Comment régulariser des étudiants algériens sans-papiers en France

À l’université de Strasbourg, la rentrée universitaire s’annonce compliquée pour de nombreux étudiants étrangers, notamment les Algériens. En cause, l’application stricte des « droits d’inscription différenciés », qui impose aux étudiants extracommunautaires de payer des frais s’élevant à 3.879 euros. Une somme exorbitante pour certains, qui pourraient voir leur rêve d’étudier en France s’effondrer brutalement.

Jusqu’à présent, une partie de ces étudiants bénéficiait d’une exonération totale ou partielle, leur permettant de s’acquitter des mêmes frais que leurs camarades français et européens, soit 175 euros. Cependant, la réglementation en vigueur limite à 10 % du nombre total d’étudiants inscrits les exonérations accordées par les établissements. Cette année, le nombre croissant d’étudiants étrangers, y compris les Algériens, a atteint un seuil critique, rendant impossible une exonération aussi large qu’auparavant. L’université de Strasbourg, qui appliquait jusque-là des exemptions généreuses, se voit contrainte de restreindre ces aides, plongeant des centaines d’étudiants dans l’incertitude.

Pour les concernés, c’est un véritable coup de massue. Certains avaient déjà commencé à suivre des cours, persuadés que leur dossier serait accepté, avant d’apprendre qu’ils devraient s’acquitter d’une somme qu’ils n’avaient jamais anticipée. Gédéon Kwaji, étudiant congolais en droit pénal, témoigne auprès de BFM TV : « Non seulement nous n’étions pas informés, mais nous ne sommes pas non plus en mesure de payer ces frais. Où allons-nous trouver cette somme ? » Une question qui hante de nombreux étudiants, notamment algériens, qui comptaient sur la possibilité d’une exonération pour poursuivre leur cursus en France.

Les conséquences d’un non-paiement sont dramatiques. Sans inscription effective, ces étudiants perdront leur statut étudiant, et avec lui, leur droit de séjour en France. Une situation qui soulève de nombreuses interrogations sur la gestion de cette mesure et son impact sur l’inclusivité de l’enseignement supérieur français. « Si l’inscription est annulée, nous n’aurons pas le droit de rester sur le territoire français. On va nous expulser », s’inquiète Gédéon Kwaji. La pression est immense, et le temps joue contre eux.

Face à cette détresse, l’université de Strasbourg a mis en place un dispositif d’aide d’urgence. Une somme de 1.500 euros peut être accordée à certains étudiants en difficulté. Mais ce soutien reste insuffisant pour couvrir les 3.879 euros demandés. Cette aide, bien que précieuse, ne constitue qu’un soulagement partiel, laissant de nombreux étudiants dans une impasse.

Toutefois, une exception a été décidée pour certaines catégories d’étudiants. Ceux déjà inscrits à l’université de Strasbourg les années précédentes ainsi que ceux poursuivant un diplôme national du 1er ou du 2e cycle bénéficieront d’une exonération leur permettant de payer les mêmes droits que les étudiants français. Mais pour les nouveaux arrivants, la règle est stricte : sans paiement, pas d’inscription.

La question de l’égalité d’accès à l’enseignement supérieur est au cœur du débat. La France, qui accueille chaque année des milliers d’étudiants étrangers, pourrait-elle devenir un pays où seules les élites fortunées peuvent prétendre à une formation de qualité ? Pour certains, cette réforme marque un tournant inquiétant. D’autant plus que les étudiants algériens, qui forment une part importante des effectifs internationaux en France, risquent d’être particulièrement affectés.

Dans l’attente d’une éventuelle réforme ou d’une prise de position plus souple de l’université, les étudiants concernés tentent de trouver des solutions. Certains multiplient les demandes de bourses et cherchent des alternatives de financement, mais rares sont ceux qui parviennent à réunir une telle somme en si peu de temps. D’autres envisagent des recours, espérant que leur situation particulière sera prise en compte.

Pour ces étudiants, l’incertitude demeure. La rentrée approche, et chaque jour qui passe les rapproche un peu plus d’une désinscription forcée. Entre l’incompréhension, la frustration et la crainte d’un retour contraint dans leur pays d’origine, ils voient peu à peu leurs rêves d’études en France s’éloigner. Une réalité qui tranche avec l’image d’un pays historiquement ouvert aux étudiants du monde entier.

Lire également :

De combien d’argent avez-vous besoin pour vivre correctement en Algérie ?

Visa France en Algérie : VFS Global fait une annonce importante

Retraite : la CNR répond à une interrogation des Algériens