France – « Je suis disposé à aller en Algérie » : Bruno Fuchs catégorique

Bruno Fuchs

Les tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie connaissent une nouvelle escalade, alimentée par des discours politiques marqués par la fermeté et la confrontation. Pourtant, au sein même de l’Assemblée nationale française, certaines voix s’élèvent pour plaider en faveur d’une approche plus nuancée. C’est le cas de Bruno Fuchs, député du MoDem et président de la commission des Affaires étrangères, qui défend avec force, dans un entretien accordé à El Khabar, l’idée que le dialogue doit prévaloir sur la menace.

« Nous ne devons pas laisser cette relation historique se résumer à une simple question migratoire », affirme-t-il. Pour lui, l’Algérie et la France sont liées par bien plus que des débats autour des expulsions ou du renouvellement des accords de 1968. « Il y a six millions de personnes qui vivent entre ces deux pays, qui partagent une double culture. Comment leur demander de choisir un camp ? Ils sont autant français qu’algériens », souligne-t-il.

Dans le sillage des propos du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui a adopté une ligne dure face à Alger, Bruno Fuchs se positionne en contrepoint. S’il reconnaît que la sécurité est un enjeu majeur en France, il juge contre-productive la stratégie de l’injonction. « La méthode de la menace ne fonctionne pas. Nous le voyons bien : plus on met la pression, plus la situation se crispe. Ce dont nous avons besoin, c’est de renouer le dialogue, de reconstruire une relation de confiance. »

Cette conviction, il est prêt à l’appuyer par des actes. « Je suis disposé à aller en Algérie pour rencontrer mes homologues et ouvrir la voie à une discussion apaisée », déclare-t-il avec fermeté. Une offre qui traduit sa volonté d’éviter l’enlisement dans une logique de confrontation qui, selon lui, dessert les deux nations.

Sur la question de l’accord de 1968, régulièrement pointé du doigt en France, Bruno Fuchs prône une approche équilibrée. « Tout accord signé entre deux parties doit être renégocié avec l’accord des deux parties. Il n’est pas question d’imposer quoi que ce soit unilatéralement », insiste-t-il, rejetant ainsi l’idée d’une révision forcée qui ne ferait qu’exacerber les tensions.

Dans son analyse, le député rappelle également que les relations franco-algériennes ne peuvent être perçues uniquement sous l’angle des flux migratoires. « Nous avons des intérêts économiques communs, une coopération en matière de renseignement, une histoire partagée. Ce serait une erreur de tout réduire à des débats sur les visas et les expulsions. »

S’il se veut optimiste, Bruno Fuchs met en garde contre le risque d’un point de non-retour. « Si chacun campe sur ses positions, si nous nous enfermons dans un rapport de force, nous risquons d’arriver à une rupture qui ne bénéficierait à personne. La responsabilité de nos dirigeants est d’éviter cet écueil et de maintenir un dialogue constructif. »

Le message du député est clair : la France et l’Algérie doivent surmonter cette période de tensions en privilégiant l’écoute et la discussion. Reste à savoir si son appel trouvera un écho favorable de l’autre côté de la Méditerranée.

 

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