La justice française a rendu son verdict dans l’affaire du féminicide de Chahinez Daoud, un drame qui avait profondément secoué l’opinion publique en 2021. Mounir Boutaa, son mari et bourreau, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’assassinat prémédité de son épouse, brûlée vive dans une rue de Mérignac, en Gironde. Cette sentence, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, vient clore un procès où l’horreur des faits a été largement détaillée par les magistrats et les parties civiles.
Le 4 mai 2021, la vie de Chahinez Daoud s’est arrêtée brutalement sous la violence de son ex-compagnon. Après avoir tiré deux balles dans ses jambes, la rendant incapable de fuir, Mounir Boutaa l’a aspergée d’essence avant d’y mettre le feu, la condamnant à une mort d’une atrocité inouïe. Ce crime, d’un acharnement glaçant, a été qualifié par l’avocate générale de la cour d’assises de la Gironde comme une volonté d’« extermination ». Un acte de barbarie qui a laissé la société sous le choc et relancé le débat sur les mesures de protection des femmes victimes de violences conjugales.
Durant son procès, l’accusé a été décrit par les experts comme un homme souffrant de troubles paranoïaques et aux traits narcissiques prononcés. S’il a été reconnu que son discernement était potentiellement altéré, le tribunal a jugé que sa dangerosité extrême justifiait une sanction exemplaire. Mounir Boutaa a écouté la sentence sans réaction, restant impassible face aux témoignages poignants des proches de la victime, notamment de ses enfants, désormais orphelins.
Ses avocates ont plaidé en faveur d’une atténuation de peine, arguant que leur client était en « souffrance permanente », emprisonné dans une vision déformée de la réalité. Selon elles, son acte ne relevait pas d’une préméditation froide, mais d’un esprit en proie à des pensées obsessionnelles et à une incapacité à accepter la séparation avec Chahinez. Un argument balayé par l’avocate générale, qui a souligné que l’accusé avait planifié son crime dans les moindres détails, guettant sa victime pendant des heures avant de passer à l’acte.
La cour a également prononcé plusieurs mesures complémentaires à l’encontre de Mounir Boutaa. En plus de sa condamnation à perpétuité, il se voit retirer son autorité parentale et interdit de port d’arme à vie. Un suivi socio-judiciaire de dix ans avec obligation de soins a également été ordonné afin de prévenir toute récidive, bien que la lourdeur de la peine laisse peu de place à un éventuel retour à la liberté.
Ce féminicide, au-delà du drame personnel qu’il représente, a mis en lumière les failles persistantes du système de protection des victimes de violences conjugales. Chahinez Daoud avait déposé plusieurs plaintes contre son mari avant le drame, mais cela n’a pas suffi à empêcher l’irréparable. L’émotion suscitée par son assassinat a poussé les autorités à renforcer certains dispositifs de protection, mais de nombreuses associations féministes estiment que ces mesures restent insuffisantes face à l’ampleur du fléau des féminicides.
Le verdict prononcé à l’encontre de Mounir Boutaa est un signal fort envoyé par la justice, soulignant la gravité des crimes de féminicide et la nécessité d’une réponse judiciaire implacable. Pour les proches de Chahinez, cette condamnation est une étape dans leur quête de justice, bien que rien ne puisse effacer l’horreur de ce qu’elle a enduré. Son nom restera gravé dans les mémoires, symbole tragique d’une lutte toujours d’actualité contre les violences faites aux femmes.
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