France : le premier ministre Bayrou menace l’Algérie

François Bayrou Algérie

Le 22 février dernier, un attentat à Mulhouse a bouleversé la France et mis en lumière des tensions diplomatiques croissantes entre la France et l’Algérie. Un homme, né en Algérie, a attaqué plusieurs personnes au couteau, tuant un sexagénaire et blessant trois policiers municipaux. Ce dernier, bien que sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), n’a jamais été renvoyé dans son pays d’origine. La raison invoquée par les autorités françaises pour cet échec : l’Algérie a refusé à dix reprises de reprendre l’assaillant. Cette situation a provoqué une réaction très ferme de la part du Premier ministre français François Bayrou à l’égard de l’Algérie.

« Ce n’est pas acceptable », a déclaré François Bayrou en marge de sa visite au Salon de l’Agriculture, exprimant son indignation face à ce refus répété de l’Algérie. « L’assassin de Mulhouse avait été présenté dix fois aux autorités algériennes pour qu’elles acceptent de le renvoyer chez lui. Dix fois, la réponse a été non. Est-ce acceptable ? Pour moi, c’est parfaitement clair : c’est inacceptable », a-t-il martelé devant les journalistes présents.

Cette attaque a eu des répercussions graves pour la France, un pays déjà fragilisé par des menaces terroristes et des tensions sociales. Le Premier ministre français a souligné l’ironie de la situation en se mettant à la place des autorités algériennes. « Imaginez la situation si elle était inversée : si l’Algérie voulait renvoyer chez nous des délinquants, des assassins en puissance, et que nous disions non. Que diraient les autorités algériennes ? », a-t-il questionné. François Bayrou a insisté sur le fait que ce genre de refus était inacceptable, non seulement d’un point de vue gouvernemental, mais aussi personnel, en tant que « père de famille ».

L’assaillant de Mulhouse, arrivé illégalement en France en 2014, avait déjà un passé judiciaire complexe. Après avoir été condamné à six mois de prison pour apologie du terrorisme, il avait été libéré après seulement quatre mois et demi de détention. Ensuite, il avait été placé en centre de rétention administrative (CRA), dans l’attente de son expulsion vers l’Algérie. Toutefois, après avoir été maintenu dans ce centre pour trois mois, le délai légal pour son internement expirant, l’homme avait été libéré, puis assigné à résidence à Mulhouse. L’attaque au couteau, survenue après un passage au commissariat où il avait refusé de se présenter, a provoqué une nouvelle onde de choc.

Le Premier ministre français a exprimé avec fermeté sa position concernant cette situation et a réitéré la nécessité de faire comprendre à Alger la « détermination de la France » à prendre des mesures décisives. « Il est purement et simplement inacceptable de continuer comme cela », a déclaré Bayrou, en insistant sur la nécessité de prendre des mesures pour que l’Algérie comprenne la gravité de la situation. Il a ajouté que des réunions seraient organisées « dans les jours qui viennent » pour discuter de cette question et des actions possibles pour éviter de telles situations à l’avenir.

Dans ses déclarations, François Bayrou a également abordé la question de la défense de la sécurité nationale. « La défense de notre sauvegarde, de notre sécurité immédiate, passe par l’affirmation forte que l’on ne peut pas accepter la situation qui est créée », a-t-il précisé. Ce message s’inscrit dans un contexte où la France, confrontée à un nombre croissant d’attaques violentes, cherche à renforcer ses politiques de sécurité intérieure tout en maintenant ses relations diplomatiques avec l’Algérie.

Samedi, après l’attentat, François Bayrou avait également réagi sur les réseaux sociaux, exprimant son chagrin et sa solidarité avec les victimes. « Le fanatisme a encore frappé », avait-il déclaré, ajoutant que la France était « en deuil ». Ce message, bien qu’émotionnel, soulignait également la ferme position du gouvernement français face à ce type de violence.

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