France : une fausse chanson de Aya Nakamura sur Tebboune fait jaser

Aya Nakamura Tebboune

Depuis quelques jours, une vidéo circulant massivement sur les réseaux sociaux a semé le trouble parmi les fans de la célèbre chanteuse franco-malienne Aya Nakamura. On y voit un clip apparemment inédit dans lequel la voix et le style musical rappellent étrangement ceux de l’interprète de « Djadja », avec des paroles flatteuses à l’égard du président algérien Abdelmadjid Tebboune.

Des phrases telles que « Abdelmadjid Tebboune fais nous rêver, il ne faut rien lâcher » ont fait bondir de nombreux internautes, persuadés que l’artiste s’était publiquement engagée en faveur d’un dirigeant politique, ce qui a provoqué une vague de réactions critiques à son encontre, notamment de la part d’une partie du public algérien vivant en France. Cependant, il ne s’agissait en réalité que d’un montage sophistiqué, reposant sur une utilisation de plus en plus fréquente de l’intelligence artificielle.

La confusion s’explique par la qualité de la manipulation : le morceau imite à la perfection l’univers sonore de la chanteuse, tandis que les images utilisées proviennent d’anciens clips, donnant une impression de nouveauté. Le tout laisse croire qu’Aya Nakamura a récemment sorti un morceau de soutien politique, alors qu’il n’en est rien. Très vite, la maison de disques de la chanteuse, Warner Music France, a réagi. Dans une déclaration officielle transmise à l’Agence France-Presse, elle a affirmé que la chanteuse « n’a enregistré aucun morceau faisant l’éloge de ces dirigeants ou de leurs politiques ». Une mise au point nécessaire pour dissiper la rumeur qui prenait de l’ampleur. Le mal, toutefois, était déjà fait sur certaines plateformes, où la vidéo avait été partagée des milliers de fois.

Ce type de manipulation ne concerne pas seulement la chanteuse d’origine malienne. En effet, d’autres personnalités musicales comme Beyoncé, Rihanna, Dadju ou encore Lil Wayne ont déjà été victimes de détournements similaires, dans lesquels leur voix et leur image étaient utilisées pour véhiculer des messages politiques ou idéologiques. À chaque fois, la même méthode est employée : récupérer des extraits visuels d’anciens clips, générer une voix ressemblante à l’aide d’un logiciel d’intelligence artificielle, puis créer des paroles nouvelles qui s’insèrent dans un contexte politique spécifique.

Dans le cas d’Aya Nakamura, la diffusion de cette fausse chanson a été d’autant plus sensible que le public franco-algérien est très présent sur les réseaux, et que toute prise de position liée à l’Algérie peut facilement devenir virale. Certaines personnes, ne se doutant pas du caractère artificiel du contenu, ont immédiatement pris la vidéo pour une déclaration politique, avant que la réalité ne vienne rétablir les faits.

Pourtant, tout portait à croire qu’il s’agissait d’un faux : les mouvements des lèvres dans la vidéo ne sont pas parfaitement synchronisés avec les paroles, certains plans sont déjà connus du grand public et les paroles ne figurent sur aucune des plateformes officielles de diffusion musicale. Par ailleurs, la chanteuse a récemment sorti un nouveau titre intitulé « Chimiyé », le 20 février dernier, qui marque son premier single officiel depuis huit mois. Aucun lien entre ce morceau et la politique, ni même avec l’Algérie, n’a pu être établi, ce qui renforce l’idée d’un détournement opportuniste.

Cette affaire soulève une fois de plus la question de la prolifération des contenus générés par IA et des conséquences que cela peut avoir sur la réputation des artistes. En quelques heures, une célébrité peut se retrouver au centre d’un débat politique sans avoir prononcé le moindre mot ni enregistré la moindre chanson sur le sujet. L’évolution rapide des technologies de clonage vocal rend ce genre de scénarios de plus en plus fréquents et difficilement détectables pour les internautes peu avertis.

Dans le contexte actuel où les enjeux politiques sont particulièrement sensibles en Afrique de l’Ouest et en Algérie, de telles manipulations peuvent avoir des répercussions importantes sur l’image publique des artistes. Le cas d’Aya Nakamura, faussement associée à un message de soutien à Abdelmadjid Tebboune, illustre à quel point la vigilance est de mise lorsque l’on navigue sur les réseaux sociaux. Ce n’est qu’en recoupant les sources officielles et en analysant les détails visuels et sonores que l’on peut distinguer le vrai du faux dans une époque où l’intelligence artificielle brouille de plus en plus les frontières de la réalité.

 

 

 

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