Le réajustement des prix des carburants, entré en vigueur dès le 1er janvier 2026, a provoqué une onde de réactions à travers le pays. Comme souvent lorsqu’il s’agit de ce sujet sensible, la surprise a précédé l’explication. Face aux interrogations, parfois à l’incompréhension exprimée par de nombreux automobilistes, le ministère de l’Énergie et des Mines a finalement pris la parole pour clarifier les raisons et les objectifs de cette décision, en insistant sur le caractère technique et encadré de la mesure, loin d’une augmentation brutale ou improvisée.
Selon la tutelle, il ne s’agit pas d’une hausse au sens classique du terme, mais plutôt d’une mise à jour tarifaire rendue nécessaire par l’évolution continue des coûts de production, de raffinage, de transport et de distribution. Depuis plusieurs années, ces coûts ont connu une progression significative, liée notamment à l’entretien des infrastructures, à la modernisation des raffineries, à l’extension du réseau de distribution et à la sécurisation de l’approvisionnement sur l’ensemble du territoire national. Dans ce contexte, maintenir des prix figés devenait de plus en plus difficile sans fragiliser l’équilibre du secteur.
Concrètement, les nouveaux tarifs restent relativement modestes dans leur évolution. Le litre d’essence est passé de 45,62 dinars à 47 dinars, le gasoil de 29,01 dinars à 31 dinars, tandis que le GPL-c a connu l’ajustement le plus visible, passant d’environ 9 dinars à 12 dinars le litre. Des augmentations mesurées, selon le ministère, et largement en deçà des coûts réels, puisque l’État continue de prendre en charge une part importante de la facture à travers le Trésor public. Autrement dit, le consommateur final ne paie qu’une fraction du coût réel du carburant qu’il utilise quotidiennement.
Le ministère tient d’ailleurs à rappeler que cette politique de soutien n’a jamais été remise en cause. L’objectif demeure la protection du pouvoir d’achat, tout en garantissant la pérennité d’un secteur stratégique pour l’économie nationale. Dans un contexte international marqué par la volatilité des prix de l’énergie, l’Algérie continue ainsi de faire le choix de la stabilité, quitte à consentir un effort budgétaire conséquent.
Une attention particulière est accordée au GPL-c, présenté comme un axe central de la stratégie énergétique nationale. Même après réajustement, son prix reste nettement inférieur à celui des autres carburants, ce qui en fait une alternative à la fois économique et plus respectueuse de l’environnement. À travers ce signal tarifaire, les autorités cherchent à encourager davantage de conducteurs à opter pour ce carburant, réduisant ainsi la pression sur l’essence et le gasoil, tout en valorisant les ressources nationales disponibles.
Derrière cette décision, l’enjeu est avant tout logistique et industriel. Les recettes supplémentaires générées par cette mise à jour seront, selon le ministère, réinvesties directement dans le secteur. Il s’agit notamment de moderniser les stations-service, d’améliorer la qualité des services, de développer de nouveaux points de vente dans les régions enclavées et de renforcer les capacités de stockage. Ces investissements sont jugés indispensables pour éviter toute rupture d’approvisionnement et pour accompagner l’augmentation progressive de la demande intérieure.
Ce réajustement intervient aussi dans un contexte marqué par une avancée majeure : l’autosuffisance totale de l’Algérie en produits raffinés. Grâce à un parc de six raffineries opérationnelles et à une capacité de traitement d’environ 30 millions de tonnes de pétrole brut par an, le pays a mis fin aux importations de carburants, générant une économie annuelle de plus de deux milliards de dollars en devises. La production nationale couvre désormais l’ensemble des besoins, avec notamment 10,8 millions de tonnes de gasoil et 3,7 millions de tonnes d’essence par an.