Imams algériens en France – « N’importe quoi » : Retailleau fracasse l’extrême droite

Grande Mosquée de Paris imams algériens

La récente annonce de l’arrivée d’imams algériens en France pour le mois sacré du Ramadan a déclenché une vive polémique dans le paysage politique français. Alors que le gouvernement justifie cette mesure par des raisons organisationnelles et cultuelles, l’extrême droite y voit une contradiction flagrante avec le discours de fermeté migratoire du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Ce dernier n’a pas tardé à répondre aux critiques, dénonçant des attaques infondées et une instrumentalisation du débat.

L’information, initialement révélée par l’hebdomadaire Marianne, précise que plusieurs dizaines d’imams algériens obtiendront des visas pour venir officier temporairement dans les mosquées françaises. Cette pratique, en vigueur depuis plusieurs décennies, permet aux fidèles de bénéficier de récitateurs du Coran qualifiés pendant la période du jeûne. Mais dans un contexte de tensions diplomatiques entre Paris et Alger, cette décision a été perçue par certains comme un geste incohérent.

Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement National, a été l’un des premiers à monter au créneau, dénonçant un double discours du ministre de l’Intérieur. “Dimanche, au 20h de TF1, Bruno Retailleau annonçait qu’il fallait durcir nos relations avec l’Algérie… Mensonge !” a-t-il écrit sur le réseau social X. D’autres figures du RN, comme Laurent Jacobelli, ont enfoncé le clou : “Incapable d’expulser les influenceurs algériens, Bruno Retailleau préfère importer leurs imams. Il parlait comme nous, mais agissait en macroniste. Maintenant, il parle en macroniste et agit en macroniste.”

L’ancien président du parti Les Républicains, Éric Ciotti, désormais allié du RN, a même appelé à une prise de responsabilité immédiate. “Qu’attend Bruno Retailleau pour agir ou démissionner ?” a-t-il lancé, estimant que la France devait mettre un terme à ce qu’il considère comme une influence étrangère sur l’islam pratiqué dans l’Hexagone.

Face à cette avalanche de critiques, Bruno Retailleau a répliqué avec fermeté. “La fermeté migratoire, ce n’est pas dire et faire n’importe quoi. La venue de ces imams est strictement encadrée depuis des décennies, ils viennent en France le temps du Ramadan et repartent ensuite”, a-t-il expliqué sur X, cherchant à dissiper toute idée d’un laxisme migratoire. Il a également rappelé que sa politique reposait sur deux piliers : “faire la chasse aux islamistes” et “renforcer le sentiment d’appartenance à notre communauté nationale chez nos compatriotes musulmans”.

Dans cette optique, le ministre a mis en garde contre les amalgames, soulignant que priver les fidèles d’encadrement religieux légitime pourrait être contre-productif. “Entraver la liberté de culte reviendrait à donner raison aux extrémistes et à désespérer les patriotes musulmans sincères, et ils sont nombreux”, a-t-il affirmé.

Jean-Philippe Tanguy, loin d’être convaincu, a immédiatement rétorqué : “Pour ‘renforcer le sentiment d’appartenance à notre communauté nationale chez nos compatriotes musulmans’, il faut des imams français formés en France, tant promis depuis Nicolas Sarkozy. Sûrement pas des imams téléguidés par des gouvernements étrangers !” Une position qui trouve un écho chez les partisans d’une réforme plus profonde de l’encadrement religieux en France.

Il est vrai que la France a récemment mis fin à l’accueil des imams détachés, financés par des gouvernements étrangers, une promesse faite par Emmanuel Macron et concrétisée en janvier 2024. Toutefois, la venue temporaire d’imams pour le Ramadan demeure une exception tolérée, comme l’indiquait un courrier de l’ancien ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin adressé aux pays concernés à la fin de l’année 2023.

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