L’affaire Youcef Atal continue de faire couler beaucoup d’encre en France. L’international algérien, actuellement sous contrat avec le club qatari d’Al-Sadd, s’est une nouvelle fois présenté devant la justice dans le cadre de son procès en appel. Poursuivi pour incitation à la haine à raison de la religion, l’ancien joueur de l’OGC Nice risque huit mois de prison avec sursis, une amende de 45 000 euros ainsi que la publication de son jugement dans plusieurs journaux français.
C’est en octobre 2023 que l’affaire a éclaté. Quelques jours après l’attaque du Hamas contre Israël, Youcef Atal avait partagé sur Instagram une vidéo du prédicateur palestinien Mahmoud Al Hasanat. Si le début du message mettait en avant la souffrance des enfants de Gaza, la fin contenait des propos appelant à « un jour noir sur les juifs ». Une publication qui a immédiatement provoqué l’indignation en France. Alerté par son club, le défenseur algérien avait supprimé la vidéo quelques heures plus tard et publié un message d’excuses. Mais le mal était déjà fait.
Devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, le joueur de 28 ans a plaidé la maladresse. « Je ne fais pas de la politique, je ne suis qu’un joueur de foot », a-t-il expliqué. Il a insisté sur le fait qu’il n’avait pas visionné la vidéo jusqu’au bout avant de la partager et que son seul objectif était d’exprimer sa compassion pour la population palestinienne. Mais la procureure a balayé cette défense, affirmant que le message relayé par Atal était « clairement un appel à la haine » et que le footballeur devait assumer la portée de ses publications.
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Les avocats des parties civiles n’ont pas été tendres avec le joueur, certains le qualifiant de « faux naïf ». Ils ont rappelé que Mahmoud Al Hasanat, le prédicateur à l’origine de la vidéo, est un habitué des discours polémiques et qu’il s’est notamment félicité des assassinats de Samuel Paty et Dominique Bernard. Pour eux, il est difficile de croire que Youcef Atal ignorait la nature des propos qu’il relayait.
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De son côté, la défense du joueur a dénoncé un « procès disproportionné » et estimé que la condamnation prononcée en première instance était « surréaliste ». Me Tom Michel, avocat du joueur, a notamment fait un parallèle avec d’autres affaires de propos polémiques, rappelant que des personnalités comme Alain Soral ou Jean-Marie Le Pen avaient bénéficié d’un acquittement faute d’élément intentionnel. Il a aussi avancé un argument juridique : la vidéo ayant été postée depuis l’Algérie, en langue arabe et sur une plateforme américaine, les juridictions françaises ne seraient pas compétentes pour juger cette affaire.
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Depuis le début de cette polémique, la carrière de Youcef Atal a pris un tournant radical. L’OGC Nice, où il évoluait depuis 2018, a mis fin à son contrat en janvier 2024, le poussant à s’exiler d’abord en Turquie, à Adana Demirspor, avant de rejoindre le Qatar l’été dernier. Aujourd’hui, son avenir footballistique dépend également de l’issue de ce procès, dont le verdict sera rendu le 30 avril. En attendant, l’affaire continue de diviser l’opinion publique entre ceux qui dénoncent un acharnement contre le joueur et ceux qui estiment qu’il doit être sanctionné à la hauteur des faits reprochés.