L’arrestation de l’influenceur algérien Boualem Naman, dont le pseudonyme sur les réseaux sociaux est « Doualemn », en France a provoqué une vive réaction de sa fille, Sofia*, qui a dénoncé ce qu’elle considère comme une injustice flagrante, est allée jusqu’à lancer un appel à Retailleau. Interpellé jeudi à Montpellier en vue de son expulsion vers l’Algérie, son cas s’inscrit dans un contexte diplomatique tendu entre les deux pays. Sofia s’est exprimée avec émotion sur BFMTV, déplorant le traitement infligé à son père et accusant les autorités françaises de s’acharner sur lui.
Elle a fustigé l’absence de considération pour l’homme derrière le personnage médiatique. « J’espère de tout cœur que Retailleau regardera ce que je dis aujourd’hui, c’est-à-dire qu’aujourd’hui, on joue avec la vie d’un homme qui a déjà tout perdu. Il a perdu son travail, il a perdu sa dignité. Mon père est un homme qu’on cible du doigt, qu’on a affiché impunément sans mettre en avant la présomption d’innocence, bien avant qu’il soit jugé », a-t-elle déclaré avec force.
Doualemn, suivi par environ 138 000 personnes sur TikTok, avait publié début janvier une vidéo dans laquelle il appelait à infliger une « sévère correction » à un opposant au pouvoir en Algérie. Cette déclaration lui a valu une condamnation à cinq mois de prison avec sursis pour « provocation non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit ». À la suite de cette affaire, les autorités françaises lui ont retiré son titre de séjour et l’ont expulsé vers l’Algérie le 9 janvier dernier.
Toutefois, l’Algérie a immédiatement refusé de l’accueillir et l’a renvoyé en France, déclenchant une crise diplomatique avec Paris. Depuis, la situation s’est envenimée et le tribunal administratif de Melun a annulé son obligation de quitter le territoire français (OQTF), ordonnant une reprise de la procédure dans le respect du débat contradictoire.
Affaire Doualemn : la Comex a réhabilité Retailleau
Le 12 mars, la commission d’expulsion (Comex) de l’Hérault, composée de trois magistrats, a rendu un avis favorable à la demande du ministère de l’Intérieur d’expulser à nouveau Doualemn. Sur cette base, un nouvel arrêté d’expulsion a été pris, et les forces de l’ordre sont intervenues ce jeudi pour l’arrêter chez sa fille. Il a été transféré au centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot en attendant son renvoi vers l’Algérie.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu entre la France et l’Algérie, notamment autour des expulsions d’Algériens en situation irrégulière. Le ministre de l’Intérieur français, Bruno Retailleau, qui insiste pour l’expulsion de Doualemn, a récemment déclaré qu’il « ne s’interdisait rien » en matière de sanctions contre l’Algérie et contre Air Algérie, accusée de freiner les expulsions.
Sofia, indignée par cette situation, a également dénoncé la position du ministre de l’Intérieur. « J’entends parler de Retailleau, de bras de fer, de Boualem Sansal, mais je n’ai pas une fois entendu parler de l’homme que c’est », a-t-elle déploré. Pour elle, son père est devenu un symbole d’un affrontement politique qui le dépasse et qui ne respecte pas ses droits fondamentaux.
La situation de Doualemn pourrait continuer à susciter des débats dans les prochains jours, alors que les relations entre Paris et Alger restent particulièrement sensibles. Le sort de l’influenceur reste incertain, mais son arrestation et les déclarations de sa fille ont déjà marqué les esprits et soulevé de nombreuses réactions.
*Le nom de la fille de l’influenceur algérien a été modifié.
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