La relation économique entre l’Algérie et ses principaux partenaires commerciaux a connu ces dernières années une évolution significative, marquée par une montée en puissance de la Chine et un recul progressif de la France. Selon les données publiées par l’Office national des statistiques (ONS), la Chine domine désormais largement le marché algérien en tant que premier fournisseur, consolidant sa position avec une part de marché de 19,9 % en 2023. Ce changement illustre un déplacement des priorités commerciales de l’Algérie, qui semble privilégier des fournisseurs offrant des produits à des coûts plus compétitifs et une plus grande flexibilité en matière d’importations.
Avec un volume d’échanges atteignant 1.154 milliards de dinars, la Chine s’impose donc comme l’acteur économique incontournable sur le marché algérien. À titre de comparaison, la France, longtemps en position dominante, n’occupe plus que la deuxième place avec une part de marché de 7,4 %. Mais elle voit son avance fondre progressivement face à l’Italie, qui la talonne de près avec 7,3 %. Ce recul français sur le marché algérien traduit un changement profond dans les choix d’approvisionnement du pays, lequel privilégie désormais de nouveaux partenaires capables de répondre plus efficacement à ses besoins économiques.
L’essor de la Chine en Algérie s’explique en grande partie par sa capacité à proposer une large gamme de produits à des prix compétitifs, couvrant des secteurs variés. Parmi les principaux produits importés depuis la Chine en 2023, les téléphones pour réseaux cellulaires occupent la première place avec un montant de 57,3 milliards de dinars. Ce chiffre illustre l’importance croissante des technologies de communication sur le marché algérien et la dépendance des consommateurs à ces appareils indispensables dans leur quotidien. La Chine fournit également d’importantes quantités de tubes, tuyaux et profilés creux en fer ou en acier, pour une valeur de près de 38 milliards de dinars, démontrant l’ampleur des besoins de l’Algérie dans le domaine des infrastructures et de la construction. À cela s’ajoutent les pneumatiques neufs en caoutchouc, dont les importations ont atteint 35,3 milliards de dinars, soulignant la forte demande du secteur automobile en Algérie.
L’ascension de la Chine en tant que principal fournisseur de l’Algérie ne se limite pas aux seuls chiffres d’importation. Elle reflète également une influence croissante dans plusieurs secteurs stratégiques du pays, notamment les travaux publics, le transport, les énergies renouvelables et l’industrie manufacturière. Grâce à ses entreprises aux capacités de production élevées et à ses investissements massifs, Pékin parvient à se positionner comme un acteur économique clé en Algérie, au détriment de partenaires traditionnels comme la France. Les infrastructures réalisées par des entreprises chinoises, qu’il s’agisse d’autoroutes, de logements ou encore de projets énergétiques, illustrent parfaitement cette montée en puissance.
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Pendant ce temps, la France, bien qu’encore présente sur le marché algérien, voit son influence commerciale s’effriter progressivement. Son recul peut s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment des relations diplomatiques parfois tendues, des coûts jugés élevés par rapport aux fournisseurs asiatiques, et une compétitivité moindre sur certains segments. L’Italie, quant à elle, apparaît comme un concurrent sérieux, menaçant la deuxième place de la France sur la liste des principaux fournisseurs de l’Algérie. Avec une part de marché de 7,3 %, elle se rapproche dangereusement et pourrait, à terme, dépasser la France dans les échanges commerciaux avec Alger.
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Le Brésil, la Turquie, l’Allemagne, la Russie, les États-Unis, le Canada et l’Argentine complètent le classement des dix premiers fournisseurs de l’Algérie. Chacun de ces pays joue un rôle spécifique dans l’approvisionnement du pays en matières premières, en équipements industriels ou en produits de consommation. La diversification des partenaires commerciaux de l’Algérie traduit une volonté d’éviter une dépendance excessive vis-à-vis d’un seul pays et de bénéficier des meilleures offres disponibles sur le marché international.
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L’évolution de la hiérarchie des fournisseurs de l’Algérie montre ainsi un basculement stratégique au profit de la Chine, qui a su répondre aux besoins croissants du pays tout en offrant des conditions commerciales compétitives. Ce repositionnement ne se limite pas aux seules importations, mais s’inscrit dans une dynamique plus large où Pékin renforce progressivement son influence économique et stratégique en Algérie. La France, qui fut autrefois le partenaire privilégié du pays, doit désormais composer avec cette nouvelle réalité et chercher des moyens de redynamiser sa présence sur ce marché en pleine mutation.