La Direction générale des impôts accorde « un bol d’air » aux Algériens

impôts Algérie

La Direction générale des impôts a décidé d’accorder un bol d’air bienvenu à de nombreux contribuables en annonçant une prolongation exceptionnelle de certains délais déclaratifs. Une décision qui intervient dans un contexte où les opérateurs économiques, les professionnels indépendants et les entreprises font face à une accumulation de contraintes administratives et comptables en ce début d’année 2026.

La Direction générale des impôts a officialisé cette mesure le dimanche 11 janvier, en précisant qu’elle concerne une large palette de contribuables, qu’ils relèvent du régime du bénéfice réel, du bénéfice réel simplifié ou encore de l’impôt forfaitaire unique. Sont également concernés aussi bien les assujettis suivis par les centres des impôts classiques que ceux rattachés aux centres de proximité ou aux inspections fiscales réparties sur l’ensemble du territoire national. Autrement dit, la mesure a une portée nationale et touche aussi bien les petites structures que les entreprises de taille plus importante.

À l’origine, les échéances légales prévoyaient que ces déclarations soient déposées au plus tard le 20 janvier 2026. Or, selon plusieurs professionnels du secteur, cette date coïncidait avec une période de forte charge administrative, marquée notamment par la clôture comptable de l’exercice précédent, la préparation des bilans, ainsi que d’autres obligations sociales et parafiscales. Dans ce contexte, le risque de retards involontaires et de pénalités était réel pour de nombreux contribuables.

En réponse à cette situation, l’administration fiscale a donc choisi de faire preuve de souplesse. Les nouvelles échéances permettent désormais aux contribuables de disposer d’un délai supplémentaire significatif pour se conformer à la réglementation. La déclaration numéro 50, qu’elle soit déposée sur une base mensuelle ou trimestrielle, pourra ainsi être transmise jusqu’au dimanche 1er février 2026 inclus. Pour les déclarations numéro 12 bis et 50 bis 1, le délai est repoussé jusqu’au dimanche 1er mars 2026 inclus, offrant ainsi plusieurs semaines supplémentaires aux concernés.

Ces formulaires figurent parmi les déclarations les plus importantes exigées par l’administration fiscale, puisqu’ils concernent notamment la déclaration du chiffre d’affaires, des retenues opérées ou encore de certaines taxes et impôts dus périodiquement. Leur dépôt dans les délais impartis reste une obligation légale, et la prolongation accordée ne signifie en aucun cas un allègement des responsabilités fiscales. Elle vise avant tout à donner un cadre temporel plus réaliste pour permettre aux contribuables de travailler dans de meilleures conditions.

Du côté de la DGI, cette décision s’inscrit dans une logique d’accompagnement et de modernisation de la relation entre l’administration et les citoyens. Depuis plusieurs années, les autorités fiscales affichent la volonté d’améliorer le climat de confiance, d’encourager la conformité volontaire et de réduire les situations de contentieux liées à des retards ou à des erreurs purement administratives. La prolongation des délais apparaît ainsi comme un signal positif, notamment à destination des petites et moyennes entreprises, souvent les plus exposées aux difficultés organisationnelles.

Cette mesure est également perçue comme un moyen de limiter l’engorgement des services fiscaux à l’approche des échéances. En étalant les dépôts sur une période plus longue, l’administration espère fluidifier le traitement des dossiers, réduire les files d’attente au niveau des centres des impôts et éviter les dysfonctionnements liés à un afflux massif de déclarations en fin de délai.

Toutefois, l’administration fiscale tient à rappeler que ce délai supplémentaire ne doit pas être interprété par les Algériens comme une invitation à reporter indéfiniment les démarches. Les contribuables sont vivement encouragés à anticiper le dépôt de leurs déclarations et à ne pas attendre les derniers jours, afin d’éviter tout imprévu technique ou administratif. Le respect des nouvelles dates limites demeure essentiel pour se prémunir contre les sanctions prévues par la législation en vigueur.

À travers cette annonce, la Direction générale des impôts cherche donc un équilibre entre fermeté et flexibilité. En accordant un sursis temporaire, elle reconnaît les contraintes du terrain tout en réaffirmant l’importance du civisme fiscal. Une approche qui, si elle se confirme dans la durée, pourrait contribuer à renforcer la confiance entre l’administration et les contribuables, et à améliorer durablement le taux de conformité fiscale à l’échelle nationale.