La France accuse les Algériennes d’avoir une fécondité élevée 

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L’immigration et la natalité sont des sujets qui reviennent régulièrement dans le débat public en France. Récemment, une étude menée par l’Observatoire de l’immigration et de la démographie a mis en avant un taux de fécondité particulièrement élevé chez les immigrées, notamment les Algériennes de France. Selon les chiffres avancés au sujet de la fécondité, 57 % des immigrées algériennes ont au moins un enfant dans les quatre années suivant leur installation en France. Un pourcentage qui dépasse celui d’autres nationalités, comme les Maliennes (56 %), les Comoriennes (54 %) ou encore les Ivoiriennes (48 %).

L’étude repose sur des données collectées par le ministère de l’Intérieur, notamment via le programme Elipa (Enquête longitudinale sur l’intégration des primo-arrivants). Cet outil statistique vise à analyser le parcours des immigrés durant les quatre années suivant leur arrivée en France. Il s’agit d’une initiative de la Direction générale des étrangers en France (DGEF), qui cherche à mieux comprendre les dynamiques d’intégration des nouveaux arrivants.

Un élément marquant de cette étude est le lien entre l’emploi des immigrées et leur taux de fécondité. Selon Elipa, les femmes inactives au moment de leur arrivée ont environ 30 % de chances en plus d’avoir un enfant dans les quatre années suivant leur installation, par rapport aux immigrées qui occupent un emploi. Cette tendance est particulièrement marquée pour les primo-arrivantes maghrébines, qui affichent un taux de natalité supérieur de 20 % à 50 % par rapport aux autres groupes.

Ces chiffres relancent les débats sur la place de l’immigration dans la démographie française. Pour certains experts, ils reflètent des réalités culturelles et socio-économiques, où les traditions familiales et la situation professionnelle des immigrées influencent directement leur comportement en matière de natalité.

Toutefois, ces statistiques ne font pas l’unanimité et suscitent des interrogations sur l’interprétation des données. En effet, les écarts observés entre les différentes nationalités ne sont pas nécessairement liés à une volonté des immigrées d’avoir plus d’enfants, mais peuvent aussi découler des conditions d’accueil en France, du regroupement familial et des perspectives d’avenir offertes par le pays d’accueil.

Fécondité des Algériennes : un débat qui intervient dans un climat tendu entre la France et l’Algérie

L’angle choisi par certains médias, dont le Figaro, pour présenter ces données ne manque pas de faire réagir, notamment au vu du contexte politique actuel entre la France et l’Algérie. « L’immigration en France apparaît comme un puissant déclencheur de fécondité », a d’ailleurs écrit le média français, au sujet des Algériennes.

L’étude sur la fécondité des immigrées pourrait ainsi alimenter des polémiques sur les politiques migratoires et les choix gouvernementaux en matière d’intégration. Dans un contexte où la France débat régulièrement de l’immigration, ces chiffres risquent d’être instrumentalisés par certains courants politiques pour justifier un durcissement des règles d’accueil.

Au-delà des statistiques, la question de la natalité des immigrées pose surtout celle de leur parcours en France, de leur accès à l’emploi et des conditions de vie qui influencent leurs choix familiaux. Une réalité bien plus complexe qu’une simple comparaison de taux de fécondité.

Démographie : l’INED a un tout autre avis

La population française continue de croître, mais à un rythme ralenti. Selon une récente étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined), le pays devrait atteindre un pic de 70 millions d’habitants dans les années 2040, avant de redescendre progressivement pour retrouver son niveau actuel d’ici 2070. Cette évolution est principalement due à la baisse de la fécondité et au vieillissement de la population, tandis que l’immigration joue désormais un rôle clé dans la croissance démographique.

Une natalité en baisse et un vieillissement accéléré

D’après l’Ined, le solde naturel – différence entre naissances et décès – a fortement chuté ces dernières années. En 2019, il s’établissait à 140 000 personnes, mais il est tombé à seulement 17 000 en 2024. Ce recul s’explique par deux tendances majeures : l’augmentation du nombre de décès, conséquence du vieillissement des générations du baby-boom, et la diminution des naissances.

Le taux de fécondité en France est désormais de 1,62 enfant par femme. Si cette tendance se maintient, le nombre de décès devrait dépasser celui des naissances dès 2027. En janvier 2025, la France enregistrait son 31e mois consécutif de baisse des naissances, atteignant ainsi son niveau le plus bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les experts avancent plusieurs raisons pour expliquer cette baisse : des priorités différentes chez les jeunes générations, des incertitudes économiques et politiques, ainsi que des préoccupations liées aux changements climatiques.

L’immigration, un levier essentiel de la croissance démographique

Face à cette baisse de la natalité, la croissance démographique repose essentiellement sur le solde migratoire, qui s’élevait à +152 000 personnes en 2024. Pour Laurent Toulemon, co-auteur de l’étude de l’Ined, la France doit faire des efforts pour accueillir et intégrer les migrants, qui constituent un apport essentiel à la population active et au renouvellement des générations.

Si les tendances actuelles se confirment, la population française continuera d’augmenter jusqu’aux années 2040, avant de refluer lentement pour atteindre environ 68 millions d’habitants en 2070. Toutefois, des variations du taux de fécondité, des politiques migratoires ou encore des crises sanitaires pourraient modifier ces prévisions.

Un défi majeur pour les décennies à venir

Au-delà du nombre d’habitants, l’enjeu principal réside dans le vieillissement de la population. D’ici 2030, le nombre de Français âgés de 75 à 84 ans augmentera de 50 %, passant de 4,1 à 6,1 millions. La décennie suivante, ce seront les plus de 85 ans qui connaîtront une hausse de plus de 50 %.

Ce « tsunami démographique » aura un impact considérable sur les services de santé et de prise en charge des personnes âgées. Selon les estimations, près de 400 000 recrutements seront nécessaires d’ici 2030 pour répondre aux besoins croissants du secteur du grand âge.

Malgré cette évolution, la France conserve un taux de fécondité supérieur à celui de nombreux pays européens, notamment grâce à une meilleure conciliation entre vie professionnelle et familiale. Reste à savoir si cette tendance pourra se maintenir dans un contexte économique et social en pleine mutation.

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