L’Algérie poursuit son ambition de relancer l’industrie automobile, en autorisant le retour de géants étrangers, tel que Volkswagen et la fabrication de pièces de rechange avec une stratégie bien définie. Après une première phase consacrée à l’évaluation et à l’identification des principaux acteurs, le pays entre désormais dans la deuxième étape du processus, qui vise à structurer concrètement cette filière cruciale. Le ministère de l’Industrie a déjà annoncé un nouveau rendez-vous ce samedi avec les producteurs de pièces détachées afin d’affiner les propositions et établir une feuille de route qui sera finalisée après le mois de Ramadan.
Dans ce contexte, l’Algérie multiplie les discussions avec des partenaires internationaux. Des délégations allemandes, asiatiques et africaines ont récemment manifesté leur intérêt pour les opportunités d’investissement dans le pays. Parmi elles, le groupe Volkswagen, accompagné de l’Association allemande de l’automobile et de l’Association africaine de l’industrie automobile, a effectué une visite de terrain pour évaluer le potentiel de l’Algérie. Ces discussions ont permis de mettre en lumière la capacité de l’Algérie à intégrer la chaîne de valeur automobile internationale, en particulier grâce à son réseau de sous-traitants.
Algérie : Volkswagen pourrait exporter
Le Président de la Bourse de la sous-traitance de l’Ouest algérien, Rachid Bekhchi, a souligné à Echourouk l’importance de cette rencontre avec Volkswagen. Selon lui, les représentants allemands ont été « surpris » de constater l’existence d’un centre de contrôle de la qualité en Algérie et ont exprimé leur volonté initiale de nouer des partenariats avec des opérateurs locaux. La possibilité d’exporter des pièces détachées algériennes a été évoquée, ce qui pourrait marquer un tournant majeur pour le secteur.
Le déroulement de cette collaboration se fera en plusieurs étapes. La première consiste à identifier les producteurs locaux capables de répondre aux normes internationales. Jusqu’à présent, huit entreprises ont été présentées aux partenaires allemands, réparties entre le centre, l’ouest et l’est du pays. Parmi elles, on retrouve des sociétés spécialisées dans les machines agricoles, la fonderie et la transformation des métaux. En parallèle, les industriels algériens remplissent des fiches techniques pour détailler leurs capacités de production et leurs compétences en gestion industrielle.
L’Algérie a clarifié ses objectifs en matière d’automobile lors d’une conférence nationale organisée en septembre dernier. Cette rencontre a permis de poser les bases d’une politique industrielle plus structurée et d’ouvrir les discussions avec de nouveaux partenaires. Un protocole d’accord a d’ailleurs été signé avec l’Association africaine de l’automobile, qui a depuis effectué plusieurs visites en Algérie pour évaluer les synergies possibles. En décembre dernier, une commission de suivi a été mise en place entre la Confédération des industriels algériens et l’association africaine afin d’assurer le suivi des projets en cours.
L’une des ambitions affichées par les autorités algériennes est de s’inspirer du modèle sud-africain, où huit grandes marques automobiles sont présentes et où la production annuelle atteint 600 000 véhicules. L’Algérie souhaite ainsi bénéficier du transfert de compétences, développer une main-d’œuvre qualifiée et intégrer les marchés africains et européens. Dans cette optique, les industriels algériens sont appelés à participer aux grandes rencontres du secteur organisées en Afrique, notamment en Tunisie, au Botswana et en Guinée.
Depuis sa nomination, le ministre de l’Industrie, Sifi Ghrib, s’est montré déterminé à faire avancer ce dossier stratégique. En multipliant les réunions avec des investisseurs étrangers et en impliquant les entreprises locales, il entend poser les jalons d’une industrie automobile pérenne. La semaine dernière, une rencontre d’envergure a réuni les représentants de Volkswagen, de l’Association africaine de l’automobile et de l’Association allemande, en présence de deux ministres du gouvernement et de 120 industriels algériens.
Ce sommet a abouti à la création d’une commission chargée du pilotage du secteur automobile en Algérie. Une autre commission, centrée sur l’ingénierie et la conformité aux normes internationales, a également été mise en place. La prochaine étape se jouera samedi, lors de la réunion organisée au ministère de l’Industrie. Cette rencontre vise à finaliser la feuille de route du secteur et à recenser l’ensemble des acteurs impliqués.
Le gouvernement algérien semble déterminé à faire de l’industrie automobile un moteur de croissance. Tous les signaux sont au vert pour redonner un nouvel élan à ce secteur, avec le soutien des plus hautes instances de l’État. Les visites de délégations étrangères et les discussions en cours témoignent d’un intérêt réel pour le potentiel industriel de l’Algérie. Si les bonnes pratiques sont mises en place et que les engagements pris se concrétisent, le pays pourrait bien devenir un acteur incontournable de l’industrie automobile en Afrique et au-delà.
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