Laetitia Lina Derridj : de Netflix à un brunch à Alger

Lina Derridj

Laetitia Lina Derridj a un parcours qui intrigue autant qu’il inspire. Actrice franco-algérienne, elle s’est fait connaître grâce à son apparition remarquée dans une émission diffusée sur Netflix, la télé-réalité Ultimatum, qui a marqué le public par son concept audacieux et ses rebondissements. Alors que beaucoup d’artistes auraient cherché à capitaliser sur cette visibilité internationale pour construire une carrière en France, la jeune femme a pris une décision à contre-courant. Elle a choisi de quitter la France pour s’installer définitivement en Algérie, où elle a ouvert un café au concept original, un lieu qui lui ressemble et qui reflète ses aspirations profondes.

C’est à Alger, au cœur de la capitale, que Laetitia Lina Derridj a accueilli récemment les caméras du média vidéo Liik. Elle y a présenté son café baptisé Majorelle, un espace lumineux décoré de bleu et de blanc, conçu comme une véritable invitation à partager des moments conviviaux. Elle ne cache pas son attachement à cette ambiance et déclare avec enthousiasme : « Je suis complètement tombée en admiration pour ce lieu, avec ses couleurs bleue et blanche, c’est vraiment l’âme d’Alger la Blanche ! ». L’espace ne se limite pas à une simple adresse gourmande, il se veut également un carrefour culturel et social, un lieu de rencontres où chacun peut se sentir à l’aise.

La carte du Majorelle reflète cette audace et cette volonté de réinventer des traditions culinaires. Laetitia Lina Derridj mise sur des recettes classiques revisitées, comme une baklawa servie en verrine, rebaptisée « bakla-wow », dans laquelle se mêlent amandes, noix et mousse pralinée pour une expérience sucrée surprenante. Autre originalité mise en avant par l’actrice et entrepreneuse, le msemen revisité en version salée. Dans son établissement, on le déguste avec des merguez, des légumes et une sauce blanche qui apporte une touche d’équilibre et de douceur. Cette audace culinaire traduit parfaitement sa volonté de proposer une expérience à la fois authentique et innovante.

Mais au-delà du menu, l’actrice insiste sur le rôle social de son café. Pour elle, Majorelle n’est pas qu’un lieu où l’on vient manger, mais un espace pensé pour créer du lien. Elle explique qu’elle souhaite « créer une cohésion entre les gens, comme pendant les repas de Ramadan, un moment convivial ». Cette vision, qui place l’humain au centre, rejoint son désir profond de renouer avec la culture de son pays d’origine. Pour Laetitia Lina Derridj, s’installer en Algérie, ouvrir un café à Alger et proposer une expérience de brunch atypique était avant tout une manière de rendre hommage à ses racines et de respecter la société dans laquelle elle évolue désormais. « Je voulais respecter tout ça, m’adapter à mon pays, et pas l’inverse », affirme-t-elle avec conviction.

Née d’une mère algéroise et d’un père kabyle originaire de Tizi Ouzou, Laetitia Lina Derridj revendique haut et fort son identité. À 32 ans, elle se dit plus algérienne que jamais et considère ce retour comme une chance unique. « On ne se rend pas compte à quel point on est chanceux ici, humainement parlant. Les gens sont gentils, on s’entraide, on s’assoit à côté de personnes qu’on ne connaît pas et on discute. Ça me manque vraiment dans ma vie quotidienne et professionnelle », confie-t-elle avec émotion. Pour elle, cette chaleur humaine et cette solidarité naturelle qu’elle retrouve en Algérie contrastent fortement avec son expérience vécue en France.

Dans ses propos, elle insiste sur cette différence culturelle qu’elle valorise et qu’elle souhaite transmettre à travers son projet. Elle met en avant une Algérie vivante, créative et hospitalière, loin des clichés. En quittant la France après une expérience remarquée sur Netflix, Laetitia Lina Derridj démontre que son choix d’ouvrir un café à Alger n’est pas seulement un projet professionnel, mais aussi un projet de vie, une manière de s’ancrer pleinement dans son pays d’origine. « Ce que j’ai ici, je ne le trouverai nulle part ailleurs », conclut-elle, soulignant que ce retour est pour elle une évidence.