Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi, a opposé un démenti catégorique aux rumeurs persistantes faisant état de prétendues dettes de l’Algérie envers des établissements hospitaliers étrangers, et plus particulièrement envers des hôpitaux français. Une clarification attendue, alors que ce discours est régulièrement relayé dans certains cercles politiques et médiatiques en France.
S’exprimant jeudi à Alger lors d’une séance plénière de questions orales au Conseil de la nation, présidée par Azouz Nasri, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali, Abdelhak Saihi a tenu à remettre les faits à leur juste place. « L’État a honoré tous ses engagements financiers envers ces structures, dans le cadre des contrats directs pour le traitement des patients algériens à l’étranger », a-t-il affirmé sans ambiguïté.
Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par la multiplication, en France, de prises de position de responsables de l’extrême droite affirmant que l’Algérie serait redevable de sommes importantes à des hôpitaux français pour la prise en charge de patients algériens. Ces accusations, souvent reprises sans vérification, sont régulièrement utilisées dans le débat politique français, notamment sur les questions migratoires et budgétaires.
Or, selon le ministre algérien, ces affirmations ne reposent sur aucune réalité financière. Les évacuations sanitaires de patients algériens vers l’étranger, y compris vers la France, s’effectuent dans le cadre de conventions et de contrats précis, engageant directement l’État algérien. Les paiements, a-t-il insisté, sont effectués conformément aux clauses contractuelles, sans arriérés ni contentieux financiers du côté algérien.
Abdelhak Saihi a même inversé la perspective en révélant une information rarement mise en avant dans le débat public. Il a indiqué « l’existence de créances de l’Algérie auprès d’un pays qui n’a pas pris en charge les patients qui lui ont été transférés », précisant que ces créances atteignent « 14 millions de dollars ». Autrement dit, dans ce cas précis, ce n’est pas l’Algérie qui serait débitrice, mais bien créancière.
Sans citer explicitement le pays concerné, cette révélation vient contredire frontalement le narratif largement diffusé dans certains médias français, selon lequel les systèmes hospitaliers européens, et notamment français, supporteraient financièrement la prise en charge de patients algériens sans compensation. Le ministre a rappelé que les transferts médicaux internationaux ne se font ni de manière informelle ni gratuite, mais dans un cadre juridique et financier strictement encadré.
Cette mise au point vise également à protéger l’image de l’Algérie sur la scène internationale. En affirmant que l’État respecte scrupuleusement ses engagements, Abdelhak Saihi a souligné la crédibilité des institutions algériennes dans la gestion des dossiers sensibles liés à la santé publique et aux finances de l’État.
Au-delà de l’aspect financier, le ministre a rappelé que ces évacuations sanitaires répondent avant tout à un impératif humain : permettre à des patients algériens d’accéder à des soins spécialisés indisponibles localement, dans le respect des accords bilatéraux et des normes internationales. Il a insisté sur le fait que ces mécanismes ne sauraient être instrumentalisés à des fins politiques ou idéologiques.
Dans un climat où les relations algéro-françaises sont régulièrement traversées par des tensions et des polémiques, cette déclaration officielle vient donc opposer des faits vérifiables à des discours récurrents. Elle rappelle que les accusations de dettes hospitalières de l’Algérie envers la France relèvent davantage de la rumeur politique que de la réalité comptable.
Par cette sortie, Abdelhak Saihi a clairement voulu mettre un terme à une controverse entretenue de longue date, réaffirmant que, sur le dossier des soins à l’étranger, l’Algérie n’est ni défaillante ni redevable, mais agit dans un cadre contractuel clair, assumé et respecté.