À l’approche du mois sacré, les interrogations se multiplient en Algérie autour de la date du premier jour de jeûne. Cette année encore, l’Association Sirius d’Astronomie a pris les devants en publiant une analyse détaillée fondée sur des calculs scientifiques précis afin d’éclairer l’opinion publique sur le début du Ramadan 1447 de l’Hégire, correspondant à l’année 2026.
Dans un communiqué rendu public le 15 février, l’association explique que la fameuse « Nuit du Doute », fixée au mardi 17 février 2026, ne permettra pas l’observation du croissant lunaire en Algérie. Les raisons avancées sont strictement astronomiques et reposent sur des paramètres mesurables : moment exact de la conjonction, âge de la lune, durée de visibilité après le coucher du soleil et position du croissant par rapport à l’horizon.
Selon les données communiquées, la conjonction – c’est-à-dire la naissance astronomique de la nouvelle lune – se produira le mardi 17 février à 13h01 (heure locale). Toutefois, cette naissance théorique ne signifie pas que le croissant sera immédiatement observable. Au moment du coucher du soleil à Alger, la lune n’aura qu’un âge de quelques heures et ne restera visible que six minutes au-dessus de l’horizon. Un délai jugé insuffisant pour permettre une observation fiable à l’œil nu, même dans des conditions météorologiques optimales.
Les spécialistes rappellent que l’observation du croissant nécessite une combinaison de facteurs : une altitude suffisante, un écart angulaire adéquat avec le soleil et une durée minimale de visibilité. Or, ces critères ne seront pas réunis le 17 février. L’impossibilité d’observer le croissant ne concernera pas uniquement l’Algérie. D’après l’Association Sirius, l’ensemble du monde arabe, le continent africain et la quasi-totalité des Amériques ne pourront pas non plus confirmer visuellement l’apparition du nouveau croissant ce soir-là, même à l’aide d’instruments optiques sophistiqués.
Seules certaines régions situées à l’extrême ouest de l’Amérique du Nord pourraient théoriquement bénéficier d’une fenêtre d’observation. Toutefois, l’association précise que ce paramètre n’influence pas la pratique religieuse en Algérie, qui repose traditionnellement sur la vision locale ou sur les critères adoptés par les autorités nationales compétentes.
Sur la base de ces éléments, le mois de Chaâbane devrait donc compter 30 jours cette année. En conséquence, le jeudi 19 février 2026 serait, selon les projections scientifiques, le premier jour du Ramadan en Algérie.
L’Association Sirius souligne néanmoins que son rôle se limite à l’analyse astronomique. La décision officielle revient à la Commission nationale d’observation du croissant lunaire, placée sous l’autorité du ministère des Affaires religieuses. C’est cette instance qui annoncera officiellement, le soir du 17 février, la date retenue pour le début du jeûne.
En attendant l’annonce officielle, ces prévisions apportent une visibilité précieuse aux citoyens et aux institutions, qui se préparent déjà à accueillir un mois placé sous le signe de la spiritualité, de la solidarité et du partage.
En quoi consiste le Ramadan ?
Chaque année, des millions de musulmans à travers le monde attendent avec ferveur l’arrivée du Ramadan, neuvième mois du calendrier islamique. Bien plus qu’une simple période de privation alimentaire, le Ramadan représente un temps fort de spiritualité, de discipline personnelle et de solidarité sociale.
Le principe le plus connu du Ramadan est le jeûne quotidien. Du lever au coucher du soleil, les fidèles s’abstiennent de manger, de boire, de fumer et d’avoir des relations conjugales. Mais réduire ce mois sacré à une abstinence physique serait incomplet. Le jeûne vise avant tout à cultiver la patience, la maîtrise de soi et la conscience de Dieu. Il s’agit d’un exercice spirituel qui engage le corps autant que l’esprit.
Le Ramadan commémore la révélation du Coran au prophète Mohammed. À ce titre, la lecture et la récitation du texte sacré occupent une place centrale durant ce mois. Dans les mosquées, les prières nocturnes, appelées Tarawih, rassemblent les fidèles dans une atmosphère empreinte de recueillement. Les nuits du Ramadan, notamment la « Nuit du Destin » (Laylat al-Qadr), sont considérées comme particulièrement bénies.
Sur le plan social, le Ramadan est aussi un mois de générosité. Les actes de charité se multiplient, qu’il s’agisse de dons financiers, de distribution de repas ou d’aides aux plus démunis. En Algérie comme ailleurs, les tables de l’iftar – le repas de rupture du jeûne – deviennent des moments de partage familial et communautaire. Les associations et bénévoles organisent des repas collectifs pour les personnes dans le besoin, renforçant ainsi les liens de solidarité.
Une journée de Ramadan suit un rythme particulier. Elle débute avant l’aube avec le s’hour (ou suhoor), un repas léger destiné à donner de l’énergie pour la journée. Après une journée de travail ou d’étude, le jeûne est rompu au coucher du soleil, souvent avec des dattes et de l’eau, selon la tradition prophétique. Le repas principal, l’iftar, réunit famille et proches autour de plats typiques qui varient selon les cultures.
Le jeûne n’est toutefois pas imposé à tous. Les personnes malades, les voyageurs, les femmes enceintes ou allaitantes, ainsi que les personnes âgées fragiles en sont dispensés. L’islam prévoit des compensations adaptées, comme le rattrapage des jours manqués ou le versement d’une aumône.
Au-delà de l’aspect religieux, le Ramadan transforme profondément le quotidien des sociétés musulmanes. Les horaires de travail s’adaptent, les rues s’animent en soirée et l’ambiance générale change. C’est un mois où la spiritualité prend le dessus sur le rythme habituel de la vie.