Le passeport algérien démarre l’année 2026 sur une note légèrement positive, selon la dernière mise à jour du Henley Passport Index publiée en janvier. Dans ce classement international de référence, l’Algérie gagne une place par rapport à l’année précédente et se positionne désormais au 80ᵉ rang mondial. Une progression modeste en apparence, mais qui s’inscrit dans une dynamique plus large d’amélioration continue observée depuis plusieurs années.
Élaboré par le cabinet britannique Henley & Partners à partir des données officielles de l’Association internationale du transport aérien (IATA), cet indice mesure la liberté de circulation offerte par chaque passeport national. Le principe est simple : plus un passeport permet d’accéder à des pays sans visa préalable, ou avec un visa délivré à l’arrivée, plus son classement est élevé. En 2026, les détenteurs d’un passeport algérien peuvent voyager vers 55 destinations dans ces conditions, contre un nombre légèrement inférieur l’année précédente.
Cette avancée permet à l’Algérie de se retrouver à égalité avec des pays comme l’Inde et le Niger, dont les réalités diplomatiques et économiques diffèrent pourtant fortement. Ce rapprochement dans le classement souligne que la mobilité internationale ne dépend pas uniquement de la puissance économique, mais aussi de la capacité à nouer des accords bilatéraux ciblés et à renforcer la coopération diplomatique.
Si l’on prend un peu de recul, l’évolution du passeport algérien sur les cinq dernières années apparaît plus significative. En 2021, il occupait la 96ᵉ place mondiale, un rang qui reflétait alors une mobilité très limitée pour les citoyens algériens. Depuis, la progression a été constante, bien que progressive, avec un gain total de 16 places en cinq ans. Cette amélioration s’est faite par paliers, au gré des accords conclus et des ajustements dans la politique étrangère du pays.
Le chemin parcouru n’a toutefois pas été linéaire. Après une remontée notable en 2022, le passeport algérien a continué à grappiller quelques rangs en 2023 et 2024, avant de se stabiliser autour de la 81ᵉ place en 2025. Le passage à la 80ᵉ position en 2026 confirme donc une tendance encourageante, sans pour autant marquer une rupture majeure.
Dans l’espace maghrébin, la comparaison reste cependant peu flatteuse pour l’Algérie. Le Maroc et la Tunisie conservent une avance confortable en matière de mobilité internationale. Le passeport marocain, mieux classé, permet l’accès à plus de 70 pays sans visa, tandis que la Tunisie se distingue également par un réseau d’accords plus étendu. Cette différence s’explique notamment par une stratégie diplomatique proactive menée depuis plusieurs années par ces deux pays, en particulier en Afrique subsaharienne, en Asie et dans certaines régions d’Europe de l’Est.
À l’échelle mondiale, l’écart reste encore plus marqué entre l’Algérie et les pays les mieux classés. Les passeports asiatiques dominent largement le sommet du classement, à l’image de Singapour, dont les citoyens peuvent voyager vers près de 200 destinations sans contrainte de visa. Le Japon et la Corée du Sud confirment également leur position de leaders en matière de liberté de circulation. Les grandes puissances européennes, dont la France, figurent elles aussi dans le haut du tableau grâce à des politiques de mobilité largement ouvertes.
Cette hiérarchie mondiale met en lumière les inégalités persistantes entre les pays du Nord et ceux du Sud. La valeur d’un passeport reste étroitement liée à la stabilité politique, à la confiance internationale et au poids diplomatique de l’État qui le délivre. Pour les citoyens algériens, ces écarts se traduisent concrètement par des démarches administratives souvent lourdes et coûteuses pour voyager vers de nombreuses destinations.
Néanmoins, la progression enregistrée en 2026 montre que des marges d’amélioration existent. Les observateurs estiment que l’Algérie pourrait continuer à gagner des places en renforçant ses partenariats régionaux, en diversifiant ses relations diplomatiques et en adaptant sa politique de visas à une logique de réciprocité plus dynamique. L’ouverture progressive vers certains pays africains et asiatiques constitue déjà un levier important.
Si le passeport algérien ne rivalise pas encore avec les documents de voyage les plus puissants au monde, il n’est plus figé dans les profondeurs du classement. La 80ᵉ place obtenue en 2026 symbolise une évolution lente mais réelle, porteuse d’espoir pour une mobilité internationale plus accessible aux citoyens algériens dans les années à venir.