La ferveur spirituelle qui enveloppe l’Algérie chaque année à l’approche du mois sacré a trouvé son épilogue ce mardi soir. Dans une atmosphère empreinte de sérénité et de rigueur, le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs a officiellement levé le voile sur le calendrier du jeûne pour l’année 1447 de l’Hégire. Contrairement à certaines annonces internationales intervenues plus tôt dans la journée, l’Algérie a choisi de suivre son propre protocole d’observation, aboutissant à la conclusion que le premier jour du Ramadan 2026 débutera le jeudi 19 février.
Cette décision est le fruit d’un dispositif institutionnel minutieux. C’est à Dar El Imam Sidi Abderrahmane Thaâlbi, situé à Mohammadia, que la Commission nationale des croissants lunaires et des horaires religieux s’est établie pour cette « Nuit du Doute ». Sous l’égide du ministre Youcef Belmehdi, les experts et dignitaires religieux se sont réunis pour scruter le ciel, marquant le début de cette veille stratégique par la prière du Maghreb accomplie en groupe. Ce moment de communion n’est pas seulement symbolique ; il lance officiellement une opération de collecte de données scientifiques et testimoniales à travers tout le territoire national.
Le processus repose sur une décentralisation rigoureuse. Le ministre s’est rendu personnellement dans la salle technique où convergent les rapports des comités locaux d’observation installés dans chacune des wilayas du pays. Ce maillage territorial permet de garantir que l’apparition du « hilal » (le croissant lunaire) soit vérifiée sous différentes latitudes et conditions météorologiques. Malgré cette mobilisation technologique et humaine, le verdict est tombé : le croissant n’a pas pu être observé ce mardi soir sur l’ensemble du sol algérien.
En vertu des règles de la charia qui régissent le calendrier lunaire en Algérie, l’absence d’observation visuelle du croissant entraîne automatiquement la complétion du mois de Chaâbane à trente jours. Par conséquent, la Commission a décrété que le mercredi sera le dernier jour du mois en cours, faisant du jeudi 19 février le point de départ officiel du mois de Ramadan. Cette annonce met fin aux incertitudes et permet aux familles algériennes de finaliser leurs préparatifs pour ce marathon spirituel.
L’annonce de cette date installe désormais un rythme particulier dans les foyers algériens. Si la France ou l’Arabie saoudite ont opté pour un début dès mercredi, l’Algérie s’aligne sur d’autres nations musulmanes, privilégiant une lecture stricte de l’observation locale. Ce décalage d’un jour, fréquent dans l’histoire du calendrier musulman, n’entame en rien l’unité de foi, mais souligne l’importance accordée par l’État algérien à la souveraineté de ses propres institutions religieuses et à la précision de ses méthodes d’observation.
Désormais, les marchés, les mosquées et les administrations s’apprêtent à basculer dans la temporalité du Ramadan. Ce jeudi marquera donc le début d’un mois de dévotion, mais aussi de solidarité nationale. Les Algériens, informés par ce communiqué officiel du ministère, peuvent maintenant entamer les dernières heures d’attente avant de partager le premier Iftar de l’année, dans un esprit de piété et de fraternité qui caractérise si bien cette période de l’année.